Marche pour chasser les idées noires [pv blondinette nyan only]

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Marche pour chasser les idées noires [pv blondinette nyan only]

Message  Akemi Hanasaki le Ven 30 Nov - 0:38

Akemi était assis sur une veille banquette en cuir rouge, gardait son front collé contre la vitre. Sa respiration formant une buée qui se dissipait avec l'air chauffé de la bagnole qui parcourait les kilomètres autour de l'académie. Il laissait ses mains protégés par des gants en cuir blanc sur ses genoux, bougeant à peine. Il pouvait à peine observer les formes fantomatiques qui passaient dans son champ de vision. Fallait bien évidemment que son cousin ait la manie de la vitesse accélérée dans les stationnements et routes de campagnes toutes incluses. Et la heureuse bonté de lui avoir prêté un kimono de seconde main pour les festivités du Nouvel An en échange d'un cliché dès la nuit tombé. Il se sermonnait à moitié engoncé dans le siège d'avoir accepté. Surement un autre pari dans la famille pour rigoler du junkie. Il n'avait pas riposté... Au moins avoir une autre réputation, point barre. De plus, la température devenait trop chaude ce qui le faisait presque dormir sans les accélérations trop brusques qui le réveillait. Une chance qu'il y avait la musique qu'ils avaient en commun. Bande de métal, punk, américain. Ça faisait changement de ces maudits jingles qui lui cassaient les oreilles depuis deux mois dans les couloirs et dans le centre-ville.

La voiture s’arrêtait finalement. Le terminus ? La cascade. Il sortait et sentait le froid le gifler. Les pans de son obi s'envolait derrière-lui comme ses manches et son bas de kimono. Du blanc, du mauve. Une couleur complémentaire à cette nature glaciale. Akemi s'adossait contre la portière, croisait les mains. Le froid le saisissait, mais il s'en foutait. Il devait encore attendre que son vieux cousin débarque la caméra et son trépied. Il soupirait, relevait la tête vers les étoiles et la pleine lune. Jamais, il n’avait rêvé de les revoir après toutes ces années de noirceur. Pourtant, ce soir, elle le calmait malgré l'agitation que la prise de photo lui occasionnait. Une torture silencieuse. Un bruit sourd lui indiquait qu'ils pouvaient maintenant partir. Lampes torches à la main. Une escapade... Super. Silhouette de moine à travers son faisceau. Les quelques flocons qu’un vent d’est transportait, accompagnait les silences entre les deux générations. Qu’un univers de glace infernal entrecoupé d’arbres et d’une brise fraiche s’étendait à sa vue. La lande glacée craquait sous ses bottes de fourrure. Ce son lui rappelait le son d’une clope qu’il casait entre ses phalanges, mais aussi à quel point ce sentiment d’apaisement lui était précieux pour calmer sa nervosité. Il ne savait pas pourquoi, il avait décidé de suivre Saiji. Surtout en pleine nuit, alors que partout on allait fêter le Nouveau An avec des convives plus emballants, des plats riches et de la musique dont il détestait la redondance. C’était d’ailleurs de son idée de se présenter à la cascade au-delà du boisé de l’établissement. Il n’y avait jamais mis les pieds, ça serait la première fois qu’il s’y engouffrait. Le froid lui mordait les pieds et les mains à fur et à mesure qu’il avançait sur la lande maudite. Bref… Merci Saiji d'avoir eu cette superbe idée. Surtout en pleine noirceur… Et puis Akemi n'avait pas pu refuser à son ainé... Après tout, fallait être soumis à quelque pantin dans la famille... Pour l'estime de la réputation et effacer le mot junkie à travers la famille. C’était aussi de sa faute d’avoir été aussi dupe. Il soupirait, des sapins se dressaient au-dessus de lui. Contrairement aux cerisiers et autres frêles arbres ces derniers, se tenaient droits, fiers avec leurs épinettes vertes sombres et le peu de glace les rendaient majestueux. À force d’avoir la tête levée vers le haut, le rouquin allait risquer d’avoir un sacré torticolis le lendemain. Pourtant, ça l’occupait autrement que de suivre des yeux la silhouette de son cousin. Certes, le rouquin aurait pu converser avec lui, mais il ne sentait pas la tête à papoter pour ne rien dire. Sans dire un mot, l’adolescent fonçait sur Saiji. Ahh. Ils étaient finalement arrivés ? Son regard se perdit dans l’immense tableau qui se dévoilait à ses paupières. Quel gâchis de ne pas profiter du paysage. Du magnifique spectacle que lui offrait l'hiver. Les bras dénudés des arbres recouverts d'une épaisse couche de neige. Cette neige trop lourde écrasait les branchages fatigués, celles des centenaires et qui tombait maladroitement, venant de rendre un morceau de neige plus importante sur le sol. Parfois, les petites pattes maladroites d'un oisillon ou d’un autre oiseau en faisaient tomber de plus belle. Parfois, à cause du gel, d’immenses couteaux de glace pendaient en dessous des branches créant une ambiance féerique. Une étendue glacée s’élevait comme un miroir au beau milieu des galets, des roches angulaires, de la neige et du bosquet qui s’accumulaient autour de l’immense patinoire. Une magnifique chute de crystal brillait et dominait l’ensemble. Akemi était plutôt satisfait de ce spectacle autour de lui et en avait même le souffle coupé. Il venait d’être déconnecté par cette splendeur. Quel tableau tout de même... Avec la lueur des étoiles et de la lune, il s’aurait cru dans une toile de glace, de brillants et de palettes de bleus qu’un artiste avait du croquer à son insu. C'était aveuglant sous la nuit d'encre et qui puisse être sans lanternes –ils avaient éteints leurs lampes pour économiser les batteries- un certain mystère s'y reflétait. Cependant, s'il avait un peu plus l'intelligence de s'habiller plus chaudement, il n'aurait pas été obligé de grelotter en se plaçant devant l’objectif. La nouvelle photo de l’année à mettre dans l’album et honorer d’une fleur. C’était une première depuis qu’il avait quitté la famille. Surtout à jeune. Sans une piqure. Sans rien…

«Butter»
*Ah oui, j’oubliais qu’on ne disait pas cheese comme tout le monde… Tradition à la con*

Déclic. Clic. Ce qu'il détestait fixer le p'tit clignotant avec un sourire à peine entrouvert. Impatient que la pose soit immortalisée. Il allait venir ce satané flash ? Ne le punissait-il pas parce qu’il ne souriait pas ? Non, Akemi n’espérait que non. Tout simplement qu'il le fasse par vengeance. Déjà petit, il n'aimait jamais prendre des photos familiales et faisait tout pour éviter de croiser l'appareil alors dans le froid et la nuit ? La technique ne changeait pas plus. Il le faisait pour un certain respect et encore là. C’était ce qu’il essayait encore d’avaler. Ça commençait sérieusement à lui tomber sur les nerfs. Ses yeux devaient louchés et son sourire le spinait dans les joues. Le rouquin avait même envie de se tourner de bord, rien que pour faire énerver le propriétaire du kodak et l'appareil lui-même. Jamais deux sans trois à ce qu'on dit. Il ne put s'empêcher de rire en entendant Saiji le sermonner pour la photo. Bien fait pour cette boite-là. Que ça faisait du bien de s'amuser sans une dose artificielle. Le temps de quelques semaines, d'encore résister à l'appel et découvrir autre chose autre que sa bichrome de vie.

« T'en veux une comme cela ? »

Il se mit à grimacer quelques instants avant de s'esclaffer à nouveau devant l'air pincé de son moine. Bon, un peu de sérieux. Ce qui n'était pas sa tasse de thé. Pour une fois qu'il était de bonne humeur. Bon, prise deux. Il croisait cette fois-ci ses bras sur son torse et regardait ailleurs, vers la droite. Belle étendue de neige, bien moelleuse pour jeter des boules de neiges à son prochain... C'était la meilleure tactique pour éviter de hurler contre le mécanisme à pain de l'appareil et peut-être avoir un air nostalgique voir troublé par quelque chose hors champ. Enfin le flash revenait au galop, l’aveuglant. Il avait toujours détesté les éclats trop intenses. C'était bien beau de porter un kimono blanc à motifs de fleurs et de dragon pour célébrer le nouvel an. Sauf que ça ne réchauffait en rien les membres frigorifiés. Akemi demandait s’il ne pouvait pas avoir la veste chaude dans la voiture. Autant se réchauffer si la séance photo se prolongeait… Comme à l’habitude, son cousin lui répondait qu’il irait la chercher et qu’il ne devait pas faire le con. Akemi gonflait sa joue droite pour désapprouver les sermons de sa parenté. Non, c’était pas comme s’il voulait disparaitre dans l’eau froide tout de même… Tandis que la silhouette retraversait le boisé, Aki regardait d’un œil mauvais la caméra. Akemi aurait bien voulu la prendre et la jeter dans le lac adjacent la magnifique cascade. Un bête accident rien de plus... Mais, cela allait défaire le décor magique. Un bon trou noir dans une glace belle à découper… Il se retournait, embrassé par ce monde. Laissant son souffle chaud former une buée opaque qui lui bouchait la vue et dansait dans l'atmosphère pour mieux lui faire sentir le froid qui le mordait. Bon... Une petite marche. Ça lui ferait oublier à quel point, il avait été con d'accepter de poser pour son cousin. Surtout dans ces habits encombrants. Il marchait sans but précis vers une roche posé près de la glace. Cette dernière craquait, mais pas assez pour entrainer le garçon. Il s’y assoyait, soufflant sur ses doigts rouges, essayant de réchauffer ses joues par la même occasion. Le froid allait bien finir par l’engourdir. D’ailleurs, il ne sentait même plus ses pieds. C’est alors qu’il regardait ce qui semblait être une biche de l’autre côté du lac, qu’il entendit des bruits de bottes dans la neige. Vivement il se relevait, époussetant son yukata, d’une main discrète… C’était quoi ? Un animal ? Ah non, c’était vrai, c’était un bruit de bottines. Ça l’étonnerait que Saiji soit déjà de retour. Alors c’était un autre humain…
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Re: Marche pour chasser les idées noires [pv blondinette nyan only]

Message  Ciel Hinori le Ven 30 Nov - 21:18

*Neeeeeee-chaaaaaan, j'ai froiiiid* Mains dans les poches, les ruelles sombres et les pavés givrés laissaient la jeune Ciel complètement indifférente, elle en avait marre de cette ville où rien ne se passe et la fine couche blanche qui parsemait les trottoirs, elle lui marchait dessus en voulant la faire fondre. La jeune fille n'aimait pas la neige et chacune de ses traces de pas restait profondément ancrée dans le sol mou et froid. Elle ne cherchait pas à savoir où ses jambes l'emmenaient et sortit un petit boîtier noir de sa poche. Ses moufles l'empêchaient de tenir correctement son baladeur et de peur de le faire tomber ou qu'il se brise, les chauds morceaux de tissus rejoignirent très vite la noirceur de sa poche. Une fois débarrassée, elle reprit l'objet entre ses doigts et chercha dans une autre de ses poches ses écouteurs d'un air distrait. La musique lui manquait déjà, les pots d'échappement la faisaient suffoquer et levant le nez au ciel, la couche grisâtre de pollution ambiante lui faisait presser le pas. Branchant le fil à l'appareil, elle fixait la neige qui s'amoncelait sur les toitures en appuyant sur le bouton on puis plaça les écouteurs dans ses oreilles et se laissa marcher jusqu'à la limite de la ville où un arrêt de bus isolé, recouvert de glace, semblait attendre la jeune fille.

Elle avança dans la neige qui se faisait plus dense, plus haute, elle tenait mieux et cela retardait les mouvements de Ciel qui s'empêtrait dedans. Lentement, elle posa une de ses mains pâles sur la vitre givrée et sentit la glace fondre sous ses doigts rougis par le froid qui mordait sa peau. Les yeux couleur de givre se fermèrent un instant quand un ronronnement l'alerta, elle tourna la tête et vit avec stupéfaction un car arriver, il ne semblait aller nulle part, mais elle n'avait pas de but précis, alors autant rester au chaud... Le véhicule s'arrêta devant la silhouette sombre dont la cape touchait presque la neige, soulevant un nuage de poudre blanche quand le tissu virevolta au dessus de ses chevilles. La porte s'ouvrit dans un nuage grisâtre de fumée qui fit suffoquer un instant la jeune fille puis elle monta sur le marchepied et la porte se referma tout aussi vite dans un bruit de sas. Le chauffeur emmitouflé dans une épaisse écharpe de laine, un bonnet descendu jusqu'aux sourcils et les joues rouges, il semblait malade mais surtout, il n'avait pas l'air non plus de savoir où il allait... Patiente, l'ombre s'installa tout au fond du car, le front contre l'épaisse vitre glacée. Sa musique la déconnectait du reste du monde et quelques secondes après cette réflexion, sa jumelle la surprit en train de fredonner les paroles, projetant encore plus de buée sur le support transparent. Elle finit par fermer les yeux, bercée par les douces notes et sa tête retomba doucement sur son épaule gauche, contre la vitre, elle était calée dans son siège et la chaleur qui se dégageait de sa cape la faisait somnoler. Elle avait eut un demi-sommeil jusqu'à l'arrêt total du car dont elle avait ressenti toutes les accélérations, tournants et cahots sans broncher, sans pour autant lutter contre sa fatigue, loin d'être pressée de retourner dans le froid glacial de l'hiver.

Pourtant, il lui faudrait bien descendre, et dans un débat silencieux avec sa grande soeur, décidant de la marche à suivre, Ciel descendit sans plus tarder du véhicule qui repartit dans une fumée nauséabonde. Lentement, un de ses pieds se re-positionna dans l'épaisse couche blanche, ensevelissant la botte fourrée sous une fine poudre glacée. Par où aller maintenant ? Le regard perdu dans le prolongement de la route, dont la neige était salie, grise, moche, à moitié fondue, glissante et traîtresse, hors de question d'aller par là... Ciel leva les yeux pour fixer la cime des arbres, une forêt mixte, à droite quelques conifères et plus loin à gauche des feuillus dénudés et chargés de neige, magnifiques cristaux blancs. Elle n'aimait pas le blanc mais personne n'aimait l'hiver, à part les enfants... Alors elle aimait l'hiver, simplement pour ne pas faire comme tout le monde... Un léger soupir s'échappa des lèvres rosées, légèrement craquelées par le froid, la buée se formait et les iris ternes la suivirent du regard, comme une danse qu'on exécute. Un changement de piste fit sursauter Ciel qui se mit à avancer, les mains enfoncées dans les poches, elle ne remettait pas ses gants, son éternelle cape noire d'hiver remplie de poches en tout genres dont la fourrure épaisse n'était pas de trop. La seule chose qu'il lui restait à faire était d'avancer et elle parcourait du regard les paysages qui s'offraient à ses yeux, tantôt indifférente, tantôt attirée par les taches lumineuses qui virevoltaient dans la neige, la faisant scintiller de mille étoiles bleutées, tout cela parce que le soleil jouait avec les branchages et les imposants nuages gris. Les mêmes nuages qui l'impressionnaient de par leur largeur lui prouvaient à l'instant que la nuit tombante laissait place à un bleu-gris magnifique. La température chutait et les bruits de la forêt enveloppaient la jeune âme perdue dans les bois, à la recherche d'un lieu dégagé d'où elle pourrait observer les étoiles. Au moment où elle dévoila un sourire, un spectacle onirique se dessinait entre les branches blanchies par la neige et le givre.

La jeune fille, curieuse, sortit une main de sa poche et leva un branchage pour passer puis resta sans voix, sans aucun mot devant la vision qu'elle avait. La forêt prenait fin pour quelques mètres puis un cours d'eau argenté, ruban lumineux, sur l'autre rive, des éclats de voix et deux, peut-être trois personnes dont Ciel ne se souciait guère. Remontant, toujours au couvert des arbres, le ruisseau qui s'élargissait, elle leva le nez et resta un instant immobile devant la magnifique cascade, tout semblait irréel et la lumière tangente faisait briller le tout, Autour de la cascade, les arbres s'ornaient de stalactites et la jeune fille mit quelques instants avant de se rendre compte que tout ce paysage onirique était glacé, la cascade miroitante, l'étendue d'eau qui l'entourait... Elle décida de s'approcher, faisant quelques pas sur la rive, regardant au fond de l'eau et y apercevant des galets. Elle décida de longer l'étendue d'eau jusqu'à la cascade immobile en fredonnant toujours sur son morceau de musique, les notes donnant un aspect encore plus irréel à ce qu'elle voyait. Une fois arrivée au pied de la cascade, la jeune fille s'assit sur un rocher à la limite de l'eau gelée et plongea le regard contre la glace comme si elle voulait la percer. Emmitouflée dans sa cape fourrée, éteignant son baladeur, elle ne préférait pas rester longtemps sur ce cailloux ou elle risquait de congeler sur place. Elle prit appui sur le rocher et bondit souplement pour retomber dans le manteau blanc, elle fit quelques pas puis se tourna vers l'eau gelée et posa un pied dessus, rien ne se passa. Elle avança un peu, la surface glissante miroitant sous ses pas, elle se rapprocha de la cascade gelée et la toucha du bout de ses doigts frigorifiés, se dirigeant ainsi vers l'autre rive tout en restant contre le mur d'eau. Une fois à mi-chemin, où la glace se faisait plus fine, Ciel sourit et remit son gant droit, celui qui ne touchait pas la glace puis essaya de distinguer la silhouette qui se profilait devant ses yeux clairs, il lui semblait voir une autre personne et encore une, mais peut-être étais-ce un objet... Elle n'en savait rien, mais sa principale préoccupation était de ne pas tomber dans l'eau gelée...
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Re: Marche pour chasser les idées noires [pv blondinette nyan only]

Message  Akemi Hanasaki le Sam 1 Déc - 2:57

Akemi commençait se poser des questions sans raisons. Qui était assez fou pour se promener dans cette féerie. Cette personne allait-il lui parler… ou lui-même en tant qu’imbécile, il allait devoir les premiers pas. À croire qu’à fixer l’étendue devant lui, le froid le mordait moins. S’il pouvait se concentrer autrement, ça serait peut-être mieux. Non, pas de peut-être. Il sentait déjà le changement en lui. L’air pur devait faire fonctionner le peu de neurones qui lui restaient. Tout lui semblait encore clair, encore plus clair sans cette drogue. Scrutant l’horizon, il crut voir une silhouette se balader sur la glace. Il la suivait du regard en silence tandis que ses pieds gelaient d’avantage. Puis, elle s’était arrêtée. Pour une raison inconnue. S’était-elle blessée ? Allait-elle lui dire de lui foutre la paix ? Pouvait-il oser s’approcher de cette personne sans lui rire dans la gueule. Parce qu’il devenait parfois fou sans ses doses…. Disant tout ce qui lui sortait de l’esprit. Il soupirait. Dans tous les cas, il était surement plus mal en point qu’elle. Il retirait ses gants pour souffler à nouveau sur ses doigts mortifiés par la nuit et les remettaient. Il allait la voir, c’était décidé. Ça ne lui ferait pas de tord en attendant Saiji et sa stupide doublure. Le froid faisait place à de l’émerveillement pur et simple… C’était étrange pour lui de se sentir revigoré de la sorte. Même qu’il ne se préoccupait plus de ce qu’il portait… enfin presque. Ses gants. C’était bien du cuir de bonne qualité, mais il ne réchauffait pas assez sa chair. Quelle idée de sortir aussi mal équipé. Ses bottes, on lui avait vanté le confort, aucun doute là-dessus, elles étaient très stylisées, mais quant à leur protection : elle laissait à désirer. Surtout transpercés depuis longtemps par ce temps et cette neige ! Il se jurait de ne plus jamais faire plaisir à quiconque, de rester enfermé dans sa piaule avec une épaisse doudoune en fausse fourrure… Au moins, l’hiver lui foutrait la paix et ne le glacerait pas autant. Il s’achèterait un bonnet pour sa tête, d’énnnnooormmes chaussures, un grand foulard pour s’y enrouler dedans et y jouer à la tortue quand il le voudrait. Pour ce qui était du kimono, il le troquerait contre un bon manteau en fourrure, une paire de jeans délavé… Bon… Ça suffisait le sermon et les rêveries sur les habits ! Elles ne l’avaient même pas méritée ! L’important, c’était cette personne au loin… À quelques mètres de lui.

Il n’était pas capable de la distinguer. Voir ses traits, mais ça l’indifférait pour le moment. Le connaissait-il ? Les seules personnes qu’il avait connu… Avec sa mémoire de piaf, c’était assez… volatile et la marge d’erreur assez large. Parfois, il s’amusait à vouloir reconnaitre de loin des gens, pour finalement les oublier. En y réfléchissant, il ne connaissait pas grand monde. Voyons voir… Il y avait bien le personnel, mais eux, il s’en foutait royalement. Il voyait bien le concierge qui passait dans les dortoirs pour vérifier si aucun matériel n’avait été endommagé et pour déclarer les activités nocturnes... Mis à part de cela, il ne lui adressait que la parole quand il l’énervait pour rien, surtout avec ses clopinettes qu’il jetait un peu partout dans les couloirs. Sinon les professeurs ? Après tout, qu’est-ce qu’une bande de connards pouvaient bien se pencher sur son cas et lui dire de les respecter avaient d’entrainant ? Rien. Il ne se rappelait que de ceux qui avaient osés lui poser une colle. Et pour le reste, du balai… Il avait certes, ce français, un certain… Edouard si sa mémoire ne lui faisait pas défaut, il l’avait croisé à quelques reprises. Les deux garçons ne s’étaient jamais liés d’amitié, de simples connaissances. Trop distant. Peut-être un brin trop je sais tout, ce qui avait le don de l’irriter… D’ailleurs, le rouquin ne lui avait pas parlé depuis longtemps. Il l’avait surement oublié à son tour. De plus qu’est-ce ça pouvait bien changer ? Surement rien. Ils n’avaient pas grand-chose en commum. Ensuite, il avait Ciel… mais, c’était… Ciel. Pour faire simple. Elle était assez spéciale, tellement que le rouquin ne savait même pas comment commenter leurs relations. Comme cet Edouard, il l’avait croisé à quelques reprises et leur première rencontre lui avait laissé un drôle d’impression de flous et peut-être un sentiment… jusqu’alors enfoui dans ses limbes. Certes, parfois il désirait oser lui parler… Mais dans ses états de junkie, il n’aurait que débiter des conneries en tout genre. Puis comme les filles sont… disons sentimentales, surement qu’elle ne lui aurait donné plusieurs gifles avant de s’enfuir. Il eut un sourire à cette pensée. Ça aurait pu être bien son style… À quelques pas de lui se dressait la personne. Ce qui lui apparaissait être une jeune femme, accroupie vers la glace. Voulant même y toucher du doigt. Vêtue d’une cape simple. Cette cape semblait tout à fait convenable. Il la savait noire… et il enviait la chaleur qui devait la protéger du froid. Allait-elle se relever en entendant ses semelles s’amonceler dans la neige. Vu de même, de si proche, elle lui semblait bien familière. Mais, surement qu’il ne la contemplait que par nécessité. Elle n’avait pas l’air prête à se relever, ni même d’avoir le moindre intérêt pour l’étranger qu’il était. Son vêtement était même très moelleux, en fourrure. Tiens, un casque d’écoute pendait à son cou. Était-ce parce… qu’elle écoutait un morceau, qu’elle ne semblait pas le voir ? Plongée dans sa musique ? Possible. Il pouvait bien s’en accommoder pour le moment. Il remontait ses mains contre son torse, les croisaient. Espérant les réchauffer ainsi… De cette distance, il pouvait mieux l’observer. Ses iris se concentraient ou plutôt fixaient le lac à ses pieds. Il trouvait cela étrange. Après tout… Qu’est-ce qu’il pouvait bien y avoir sous cette couche translucide ? Il avait peut-être espérer lui faire relever, Il piochait dans la neige. Sans résultat apparent. Lui parler pour lui dire quoi ? Akemi ne savait pas trop. Ça serait con de l’aborder sur des banalités… et pourtant, il avait un sentiment de l’avoir déjà croisée. La tête blonde ne lui était pas si vague que cela. Puis, il ne pouvait pas savoir si elle se penchait de cette manière, si elle s’était réellement blessée. Pour le moment, il ne distinguait rien d’anormal. Comme pour couronner le fait qu’il était frileux, il venait d’avoir une envie d’éternuer. Il se reculait, remontait son coude vers son minois, percutait une roche dans sa manœuvre et s’étendait de tout son saoul dans la poudre. Par chance, la peur lui avait été suffisante pour bloquer sa gorge. De plus, le rouquin avait le derrière assez glacé pour rester couché. Il clignait des paupières, observait les flocons l’entourer. Se coller à ses cils et sa rouge chevelure qui s’humidifiait dans la neige. Il se relevait en maudissant son imbécilité. C’était indéniable que les roux étaient maladroits dans cette école !

* Merci mère nature ! *

Bref, tant qu’il arrivait à marcher tout irait bien ! Oui, oui, il en avait même oublié sa situation… ou du moins essayé de ne pas y penser. Il se rapprochait de la blondinette, essayait de ne pas faire craqueler la glace sous lui. Cherchant à tâtons avec l’aide de ses bottines, les morceaux plus solides. Il ne voulait pas non plus, la faire plonger dans le pays des glaces. Akemi s’approchait tout en gardant une distance, pas si proche, mais pas si loin non plus. Il la fixait, ne voulant pas paraitre impoli. Mais, il adorait ses mèches blondes qui virevoltaient au gré de la brise. Il toussotait un peu, pour attirer l’attention aussi arrêter de la zieuter de la sorte.

«J’te connais, non ?»

Trop gelé pour prononcer quoi ce soit d’autre. Akemi restait planté à ses côtés et esquissait un sourire qui se voulait douceâtre malgré ses lèvres gercées. Quitte à se faire barrer par le minois et la silhouette devant lui qui commençait à le charmer. Ça devait être l’hiver qui le rendait ainsi…
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Re: Marche pour chasser les idées noires [pv blondinette nyan only]

Message  Ciel Hinori le Dim 2 Déc - 15:29

Ciel esquissa un sourire en refermant son poing gauche sur un morceau de glace, c'était froid, étonnant non ? Sentir ses muscles bouger lui semblait important par ce temps, surtout qu'elle ne savait pas comment elle allait rentrer à l'académie, mais à vrai dire cela ne la pressait pas le moins du monde. Elle ralluma son baladeur, le silence pesant la stressait et sa vue se brouillait un peu, que serait-elle sans sa musique ? Une musique douce démarra et la jeune fille ferma les yeux, fredonnant les notes qu'elle entendait à ce moment là. La cascade s'éloignait des doigts tendus dans sa direction ce qui la fit réagir, elle glissait sur la surface lisse et en tournant la tête, aperçut du coin de l'oeil la personne qu'elle avait remarqué, elle était beaucoup plus près cette fois et Ciel pouvait presque distinguer ses traits. Une chevelure rousse et un kimono, assez spécial dans l'ensemble, pourquoi un kimono si léger en plein hiver, dans la neige... Des gants blancs, rien d'autre, la personne devait avoir froid mais sur le coup, quand Ciel l'aperçut, elle arrêta net le son de sa voix et resta quelques secondes, la bouche légèrement entrouverte, sans réagir. Cela semblait être un homme, sûrement plus âgé qu'elle vu sa taille... Il leva son coude et s'étala malencontreusement dans la neige, il était sûrement frigorifié mais la seule pensée de Ciel était loin de tout cela *Il est...* Même dans sa tête elle ne finit par sa phrase, connaissant parfaitement la réaction de sa soeur si elle l'entendait. Elle hésita à s'approcher pour lui venir en aide puis vit qu'il se relevait tout seul sans se tourner vers lui, elle ne voulait pas, une pointe d'appréhension en travers de la gorge. Elle finit par se tourner, lui faisant face dans sa cape noire et ses bottes de même couleur, les iris bleutées cherchant une quelconque ressemblance avec quelqu'un qu'elle aurait pu croiser, sur le coup rien ne vint. Dans ses oreilles la musique continuait, dans son esprit tout s'était arrêté, même la neige qui tombait à gros flocons, même sa contemplation de la cascade cristalline, ses pensées étaient focalisées sur l'homme roux au kimono

Un frisson traversa son corps de part en part, un sourire illumina son visage quelques secondes et une rougeur s'étala sur ses joues pâles, rien que de voir cette personne elle se sentait un peu mieux, c'était étrange. De légers picotements au bout de ses doigts la rappelèrent à l'ordre et, croisant les bras sur sa poitrine, essayant de cacher la discrète lueur qui teintait ses yeux d'un bleu hivernal, elle s'efforça de répondre, elle n'en avait pas envie, elle avait froid. Une main dans sa poche éteignit la musique de son appareil, mettant fin au doux rêve qui la transportait ailleurs, qui lui faisait vivre des choses inédites, elle voulait couper court à cette conversation, ça ne mènerait à rien... Ses pensées filaient à vive allure, elle allait dire quoi, mentir ou pas, rester muette, geler sur place ? Elle élimina de suite la dernière option malgré que ce soit tentant, mourir de froid n'était pas tellement amusant. Ensuite elle se rendit compte qu'elle avait inversé plusieurs choses, que normalement on choisissait d'être sincère ou non avant de chercher un discours. Un léger soupire s'échappa de ses lèvres et elle passa doucement une main dans ses mèches blondes, elle aurait aimé avoir un bonnet, mais remettre sa capuche en présence de quelqu'un serait malpoli... Elle cligna des yeux, chassant les flocons qui s'étaient posés sur ses cils puis elle avança d'un pas, comme pour s'obliger à rester sans tourner les talons et repartir en courant, rien que pour se sentir froide et rester seule à nouveau... *Masochiste*


Je crois pas, mais c'est possible, j'ai jamais vu beaucoup de monde dans cette ville, enfin... Vous êtes ?

Sa main se tendit dans le vide, elle espérait un peu ne pas se faire froid aux doigts pour rien. Il devait rester environ un mètre entre eux, et ciel en profita pour détailler son interlocuteur, ne se lassant pas de le regarder. Il souriait mais avait vraiment l'air surgelé, comme les poissons panés dans le congélateur... *Heu, c'est quoi cette comparaison...* Un soupire amusé franchit les lèvres de la jeune fille qui ne chercha même pas à s'en empêcher. En une fraction de secondes, sa cape était dans son autre main, posée sur son bras. Elle tendit le vêtement au jeune homme en souriant, pour le moment elle n'avait plus froid. Sans même attendre une quelconque réponse, elle passa derrière lui et posa la cape sur ses épaules, puis revint lui faire face et resserra les pans noirs sur le kimono blanc, c'est vrai qu'elle était un peu petite pour lui mais au moins, elle était fourrée...
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Re: Marche pour chasser les idées noires [pv blondinette nyan only]

Message  Akemi Hanasaki le Mer 5 Déc - 22:07

Il levait les yeux au ciel, soupirait en voyant les flocons. Dans un numéro de voltige, ils se glissaient dans sa tignasse, sur ses lèvres qui les buvaient goulument, s'inséraient dans le col du kimono, coulaient sur son cou dévoilé. Gouttelettes fondantes sur sa peau déjà froide. L’hydratait, malgré qu’elle soit bleuie, planquée de rouge, pâlotte et glacée. Qui n'espérait qu'un petit regain d'énergie et enlever le poids de l'inactivité qui le faisait geler sur place. Après tout, il ne faisait qu'attendre...Que pouvait-t-on faire dans ces moments-là de toute manière. Ne surtout pas lancer des boules de neige sur son interlocutrice, dans l'espoir qu'elle ose dire quelque chose... Non. Bien évidemment avec Saiji ou avec un autre con qui se prêterait au jeu, mais ça ce n'était surement pas important… De plus, ça ne lui aurait pas déranger de se dégourdir un tantinet et se moquer de sa naïveté, mais surement que la blondinette l’aurait injurié. Comme la plupart des filles, aussitôt qu’on leur proposait quelque chose ou qu’on faisait un geste mal placé, c’était les couteaux dans le regard. Il soupirait et rivait son regard vers la fourrure et les mèches, le minois gracile dans la brise fraiche. Qui était invitant. Habituellement, le vent se soulevait et était plus frisquet en soirée. C’était le cas. Certes, il pouvait être agréable, mais rude avec les stupides dans son genre. Akemi se perdait dans les brumes, les iris de la demoiselle. Le junkie se mettait à rêvasser d'un bon chocolat chaud engoncé dans un fauteuil et qui puis être devant un énorme feu à avoir un semblant de conversation. Avec elle ? Peut-être, mais pour le moment, ils étaient à côté d’une cascade et de son havre de paix. Sans vraiment savoir pourquoi, il y rêvait ou le désirait. Il se disait que ça lui permettait de sauver du temps ou plutôt le raccourcir. Le silence et la neige tombante étaient leurs alliés. Cette pensée lui ébauchait un sourire et une volute de fumée. Sans doute que ces idées ne lui auraient pas sauté à l’esprit en attendait Saiji. Ça faisait trop longtemps qu’il n’avait pas pensé de se faire plaisir avec des trucs simples. Ça ne lui venait pas à l'esprit de savourer quelque chose avec simplicité... du moins pas quand il se gelait le cerveau pour oublier les montagnes russes de son passé. D'ailleurs, il était déjà assez congelé comme cela... Ça lui était bien plus égal qu'une de ses dosettes et peut-être «meilleur pour la santé». Foutaises. Même s'il ne voulait pas se l'avouer entièrement... Elle lui semblait indécise...dans le paysage.

Son regard avait du la déstabiliser, il les relevait vers un point flou par-dessus la tête blonde argentée. Pourtant, elle avait l’une de ces allures. Aucun homme ne pouvait lui résister, surement… Comme un jeune pommier aux branches vives et à la chevelure légère. Frêle, entourée par une barrière de givre autour de ses pieds qui grandissait vers le tronc faisant une jupe immaculée, en petit motifs de dentelle et fort bien résistante à ses hanche. Frétillante dans le vent hivernal, digne et pourtant sa pose avait quelque chose... de soumis à un quelconque élément. Comme si elle se disait, bah tant pis, je suis bien chaudement habillé et pourtant je frissonne pour ce jeune homme qui n’a rien sur lui... ou un truc comme cela… Lui qui devait certainement faire de l'ombre à la jolie créature, trop grand pour atteindre le ciel de ses ramures, ses iris s'étaient délavés avec les temps et ses bras gisaient dans une posture replié comme un pommier trop alourdi de ses fruits. L’hiver était un tourment pour ces deux êtres… Ces deux-là avaient quelque chose... d’étrange. C'était ce que supposait Akemi sans vouloir y penser trop. C’était une image dans une autre qu’il avait su découper d’un livre quelconque… l'avait juxtaposé à leur situation... Ce qui représentait ses idées du moment, otre l'odeur de chocolat absent, entêtante dans ses souvenirs et la tasse qui lui brûlait les doigts transis... qui lui faisait regretter de ne pas n'avoir sur lui, l'attirail de la tradition japonaise. Il décroisait ses bras, toussait creux dans une manche. Frictionnait ses avant-bras, se réchauffait les mains en les frottant. En vain. Il allait surement être malade si son cousin ne rappliquait pas immédiatement ! Il se savait frileux, mais quoi dire pour plaire à un autre et ne pas le déplaire aussi. Traditions obligées du respect et autres cochonneries de la civilisation nipponne. Il soupirait, se dandinait sur un pied et l’autre. Ses bottes converses qui se cramponnaient de force dans le miroir. Tiens, il y avait du rouge aux joues de la blondinette. Froid ou gêne ? Il en haussait les épaules. Bah tant pis, ça ne l’intéressait pas tant que cela et ce n’était pas le moment de s’interroger sur les états signalétiques de la jeune femme. Nonn… Elle lui répondait. Enfin ! Pourtant, ça lui pris un certain temps avant de tout démêler les choses qu’elle lui avait débité d’un ton… neutre ou… lasse tout en lui tendant une main. Il prit un moment à l’observer, prêt à lui tendre sa propre main. Par disons, obligation... On l'avait tout de même élevé de la bonne manière ! Parfois, l'étudiant maudissait ces poignées de main, microbes, bactéries, sniflage de craie et dieu sait quoi ce qu'on faisait avec ces mêmes mains et les sourires qui disaient : «Ah oui, heureux de te connaitre» mais qui n'en était rien du tout. Aucune poignée échangée. Ils étaient trop loin. Qu’est-ce qu’elle lui disait déjà ah… Qu’elle ne croyait pas le reconnaitre, que la ville était petite et lui demandait qui il était. C’était quoi cette réponse-là ?! Il prennait un moment à l’observer. Espérant qu'elle blaguait, mais non. Elle semblait sérieuse. Il se passait une main dans sa frange... Cette conversation en réveillait une autre semblable dans les limbes de son esprit noyé. Les seules personnes qu’il connaissait de vue à être blondine. La première était sa mère, mais ce n’était certainement pas cette femme qui se dressait devant lui. Il lui aurait d'ailleurs lancé un amas de neige en entier avant de retourner sur ses pas et la photographier... La seconde c’était cette Ciel. Ce petit bout de femme qui avait… lui semblait-il passé une soirée avec lui dans un escalier. Le rouquin se rappelait vaguement des propos échangés… Pourtant, quelque chose lui indiquait cette demoiselle. Même physionomie, même caractère… en peut-être moins je m’en foutisme… Il en haussait les épaules, il finirait bien par trouver, sa main ne rencontrait que la poudrerie et la brise.

«… Surement comme moi, je me rends rarement dans le centre-ville... »

Il eut un petit sourire. Bon, il faisait exprès de répondre à côté de la planque. Fallait bien huilée ses lèvres givrées. Les pauvres, elles allaient devenir bleues en un rien de temps. Bon, et son préno… Sa main se remontait vers son col pour le replacer. Signe de nervosité. Qu’est-ce qu’elle faisait à se départir de son manteau ?! Le rouquin eut un mouvement de recul. Un pas vers l’arrière. La glace craquait sans se fissurer. Certes, il savait qu’il grelottait comme un imbécile… Cependant, il ne lui avait même pas demandé de lui réchauffer le corps en donnant son gilet. Encore moins de le vêtir à sa place. Il la regardait encore sur le choc de lui avoir laissé passer la neige sous le pied avant de s’avoir présenté. Non, mais qui ferait cela pour un inconnu ?!... Il se mordit la joue intérieure. Surement que dans d’autres circonstances, il aurait fait la même chose… mais ça dépendait toujours de qui. Pour la rassurer, Akemi frottait la fourrure, cela lui rappelait celle d'un chat duveteux. Le rouquin ne pouvait pas enlever le manteau, ça serait trop vexant pour elle... Certes, s'il n'avait pas eu cet élan de compréhension, il le lui aurait tendu sans le moindre mot. Il la regardait ne sachant pas quoi rajouter. Ses iris étaient mi-clos comme ceux d’un félin, satisfait mais indifférent. Un peu comme ces regards qu’avaient les chats de compagnie dès qu’il se laissait caresser en ronronnant. À la fois présent et absent. Bon, si elle voulait se geler les miches, c'était uniquement de sa faute... Il l’acceptait que pour le moment, en sachant qu’elle allait frissonner avec sa petite robe. D’ailleurs son manteau, était un peu serré au niveau de ses épaules. C’était surement un de ces modèles de taille petite.

«... ce n'était pas nécessaire...enfin, merci... »

Il accompagnait ces mots, d’un petit sourire un brin maladroit et remerciait la nature pour ses joues déjà gelées. Au moins la couleur rouge s'y appliquait sans y être trop apparente. Non, mais quand Saiji allait réapparaitre ? Le rouquin jetait un coup d’œil vers l’orée de la forêt et l’ombre du trépied. Bon, s’il s’était perdu, ce n’était pas à cause de lui hein… Et tant pis pour lui, il n'avait pas eu à suivre son idée. Akemi éclaitait d'un petit rire, s'imaginant le moine se cogner dans les arbres sans sa lampe allumée. Quant à lui... C'était une autre paire de manches... Il ne voudrait pas rester frigorifié dans la nuit. Donc, quoi déjà ? Il ne s'en souvenait plus. Ça allait lui revenir plus tard en se croisant les doigts. C'est vrai, il ne s'était pas encore présenté à la petite blonde. Bon, il allait sauté les banalités, hein. C'est bien beau être poli, mais il l'avait déjà abordé sans tact.

« Moi, c’est Akemi. Et toi…»

Il prenait une petite pause. Histoire qu'elle analysait le tout puis, fit volte-face et la regardait.

«Au fait, j'pense qu'on devrait bouger. Ça serait stupide de rester planter ici comme des glaçons... surtout toi.»

Causer pour rien dire. Yeaahhh. On pouvait au moins faire confiance à Akemi pour dire n’importes quoi. C’était même un atout pas très conventionnel, mais il s’en fichait un peu. Il passait une main dans sa chevelure pour enlever les flocons qui s’y incrustaient.
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Re: Marche pour chasser les idées noires [pv blondinette nyan only]

Message  Ciel Hinori le Sam 8 Déc - 12:55

Il lui avait vraiment mit un vent là, mais un énorme... La main blanche dont les doigts rougissaient à vue d'oeil finit par retourner contre sa jumelle avant que le manteau disparaisse. Elle regretta son geste, trop "familier" pour une présentation, peut être ? Soupirant doucement, elle souffla la fumée glacée en direction de la cascade, pour le moment il n'y avait pas de vent, ce qui est rare dans une forêt... La conversation était entamée et Ciel se résolut à laisser son baladeur dans sa poche. Poche qu'elle n'avait plus d'ailleurs, vu qu'elle était sur le dos de... Zut, son nom lui échappait déjà alors qu'il venait de le donner... Ah si Ake... Mi ?! Haein ?! L'étonnement prit quelques fractions de secondes puis un léger sourire vint orner le minois de la demoiselle gelée jusqu'aux os, ce nom lui rappelait quelques choses plutôt fortes. Mais elle en avait gardé des souvenirs pas trop mauvais, elle qui en avait tant besoin. Les souvenirs d'une nuit passée sur un escalier avec un junkie en descente de trip lui revinrent en mémoire et sans réellement comprendre ce qu'elle faisait, elle posa doucement sa main sur la fourrure synthétique de son manteau comme pour réconforter le rouquin qui n'en avait sûrement nullement besoin. Elle ferma les yeux quelques instants en s'écartant de nouveau, leur rencontre n'avait pas été "tendre" comme on dit, et les quelques souvenirs du passé de la blondinette avaient presque tous refait surface, étonnant. Mais finalement elle ne voulait pas savoir, elle qui tombait malade presque tout le temps, la chute de température lui donna une forte envie de vomir et une violente migraine, après tout, la neige reflète le soleil, tant mieux qu'il ne soit déjà plus là, sinon elle serait déjà par terre dans la neige depuis longtemps.

Se fichant bien de l'état de sa santé ou même comment elle était habillée, elle s'accroupit sur l'étendue d'eau glacée et entreprit de voir au travers, rien que pour éviter les regards sur le roux qui ne la reconnaissait pas. Bien sûr, lui il ne passait pas inaperçu, mais elle si, et ça ne la dérangeait pas du tout, au contraire. Avec un léger sourire, elle toucha la glace du bout des doigts, qu'allait-elle répondre maintenant ? Elle n'en savait strictement rien, mais elle avait peur, non, pas peur, c'est un trop grand mot, elle appréhendait le fait que l'ayant déjà rencontrée, Akemi se sente mal à l'aise. Pourquoi ? Elle n'en savait rien non plus... "Intuition féminine" ? Peut être, ou pas, après tout, Ciel se trompait souvent. Un léger soupire s'échappa de ses lèvres qui commençaient à geler elles-aussi, la jeune âme ne sentait déjà plus ses doigts, mais tant pis. Elle posa sa main à plat dessus et regarda patiemment la chaleur qu'il restait dans sa paume s'insinuer dans le froid du miroir pour y laisser une entaille polie par sa main, un léger renfoncement qui marquait pour quelques temps le passage de la jeune fille en ces lieux, dans quelques heures environ, la nature aura repris ses droits et la légère marque s'effacera, Ciel le savait bien, mais rien que pour esquiver le regard d'émeraude elle ferait n'importe quoi. Pendant tout ce petit jeu avec la glace, elle réfléchissait, frissonnant des pieds à la tête de temps en temps, le fait d'être plus bas lui permettait de faire passer une partie de sa nausée et lui permettait de se mettre au calme. Est-ce qu'elle prendrait un faux nom, si oui, lequel, si non, que dire. Tout cela était compliqué, ça l'emmerdait pour franchement parler, elle s'en fichait complètement puisqu'après tout, on ne pouvait pas dire qu'ils se connaissaient, ils s'étaient juste jetés des mots à la figure, encore une idiotie du point de vue de Ciel, les mots ne servent à rien à part mentir. Suivant ce principe, elle se releva avec un sourire timide et fixa le rouquin de ses iris délavées


Lyra, je me nomme Lyra

Lyra... Un nom emprunté dans un des nombreux livres qu'elle avait lu, elle n'aimait pas le bruit ou la foule, donc les cours elle s'en passait bien. Son mensonge était quand même un peu gros, et intérieurement elle doutait un peu qu'Akemi croit à cette phrase. Elle ancra ses yeux dans le joli vert et sourit encore une fois, elle se devait de paraitre très différente de l'autre fois pour ne pas se faire pincer dans cette supercherie qui commençait à devenir de plus en plus importante. Si elle devait changer ses habitudes rien que pour maintenir un mensonge, ce n'était même pas la peine d'y penser. Sans vraiment y faire attention, la jeune fille se perdit dans les iris émeraude du rouquin et une rougeur s'étala sur ses joues, merci température glacée de couvrir déjà ses joues d'une jolie teinte rosée, empêchant la gêne de se lire sur son minois. Malgré tout, ses yeux pâles se mirent à fuir le regard qu'ils avaient accroché, premier faux-pas pour la jeune fille. avec un peu de chance, il croirait que c'est parce que "c'est une fille donc elle est touchée que je veuille pas la laisser crever de froid" ou quelque chose de ce genre. Non, elle n'avait pas envie d'être appelée par son prénom, elle ne voulait pas répondre aux questions, mais pour que son mensonge tienne...

Oui, merci M. Akemi

Du respect ? Pas avec cette formulation, avec ce truc, elle se foutait autant de lui que d'elle et de son comportement bidon. N'importe quoi, elle s'entendait, elle avait honte de se changer à ce point, oui elle se dégoûtait complètement. Elle fixa un moment la cascade gelée et s'appuya sur un stalactite pour ne pas tomber, se forçant à regarder le rouquin pour ne pas paraitre suspecte. Mais c'était tellement étrange de se comporter ainsi que ça finirait forcément par se voir, restait à savoir quand.
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Re: Marche pour chasser les idées noires [pv blondinette nyan only]

Message  Akemi Hanasaki le Dim 9 Déc - 2:31

You can’t cure me.
I’m a mess inside now… but…
if you want me to listen
just whisper
_______

Pour réponse, il n'eut le droit qu'à cette fille frissonnante contre le pavé de glace. Il restait un moment étonné. Muet. Que pouvait-il faire si ce n'est que plonger ses mains dans les poches. Pour les réchauffer un instant, sans se soucier de l'appareil rectangulaire qui le reliait à sa propriétaire. Le fil se détachait sous le mouvement de sa propriétaire. Il la fixait toujours. Reconnaissant du moins la tignasse blonde, puis sa petite voix, sifflante. Sous sa robe, il la voyait respirer avec difficulté. Des minutes s’éternisaient ainsi avant qu’il puisse détourner le regard… Dans le silence qui devaient les crever jusqu’aux os. À quoi pouvait-elle réfléchir ? Se morfondre sur… une affaire extérieure? Il en saurait surement jamais. Pourtant, le rouquin avait beau se demander en quoi rimait cette mascarade. On ne s’allongeait pas ainsi pour rien… Si elle n’allait pas aussi bien qu’elle osait le prétendre. Elle aurait pu lui demander son manteau. Il aurait pu se forcer pour le faire… Comme d’habitude, il n’en était rien. Akemi attendait toujours qu’on osait lui redemander ce qui était du. L’adolescent soupirait en fixant le sol sous ses pieds, le cognant même du bout de ses bottines. S’il avait eu sur lui le moindre briquet, il aurait fait un feu pour eux. Le temps que son cousin rapplique alors que la nuit avançait péniblement… Il lui décrochait un coup d’oeil. Elle ne semblait pas vouloir se lever, ni adhérer à ses demandes précédentes. Pendant, un instant il hésitait à lui redonner sa fourrure. Les présentations ne semblaient pas être leurs forces. Bon, ça n’était pas vraiment gagné. Il s’avançait vers l’adolescente qui se relevait. Qui osait finalement le regarder dans les yeux. Ce sourire mal assuré ne lui faisait pas confiance. Pas après tout ce temps à poireauter sur la glace… Le vent lui portait sa réplique.

Son coeur cessait de battre un instant dans poitrine. Pourquoi ? Oui, pourquoi ? C'était cela qui venait à l'esprit du rouquin. Il restait un moment comme ça, silencieux. Une gifle imaginaire. Pas de larmes qui coulaient sur les joues, pas besoin de chichis. Juste une minuscule goutte sur le rebord qu'il faisait s'évaporer en clignant rapidement les paupières. Con... Il venait de se rappeler avec cette voix familière, cette démarche. Ce sourire mal assuré qu’il avait déjà croisé, qui l’aurait fait gerber autant que la réponse s’il avait su avant....

Cette Ciel qui s'était avancée d'un air triomphant, effleurant l'étoffe. Virant les talons pour se diriger vers la cascade. Lui tournant vivement le dos comme dans une guerre ouverte. Oui… il avait l'impression que le sol s'effondrait sous lui. L'entrainait dans une chute vertigineuse. Il refusait d'y croire... Elle avait osé lui mentir depuis… qu’il l’avait abordé. Il serait fortement le mp3 dans la poche. Espérant même le déchiqueter avec ses phalanges. Le rouquin n'allait pas lui faire le plaisir de gémir. Pourtant, elle l'avait ébranlé. Cette blondine. Cette connarde. C'était comme cela qu'il l'avait traitée la première fois. Il ne le regrettait peut-être pas en fin de compte. Cette Lyra qui était fausse. Celle qui croyait avoir gagné sur lui, une autre fois de plus. Se moquait de lui. Depuis tout ce temps…

«Ne viens pas te payer ma tête» sifflait-il dès qu’elle se fut éloignée largement de lui.

À quoi bon le crier. Frissons incontrôlables même sous la doublure. Ils n’étaient pas régis par le froid. Plutôt par une jalousie maladive d’avoir été traité de la sorte. Peut-importe les mots crus, elle ne l'écouterait même pas. La blondinette allait de l'avant. Lui, il la fixait toujours avec une haine non dissimulée dans ses iris. Dans son dos, la neige lui ouvrant un passage. Devait-il justement penser avant de faire le premier pas. Laisser court à son cri qui lui tordait l'esprit. Ça n'avançait à rien. Il allait se trahir si elle le découvrait les traits furieux. Salir son esprit, une autre fois. Il n’avait aucune raison de lui sortir une phrase vulgaire, qu'il avait pourtant le don de déclarer. Elle n'avait tout simplement pas raison d'agir ainsi. Et pour eux, ce n'était pas encore gagnés d'avance. Lui dire cette remarque, la traiter de Salope serait bien qu'une petite satisfaction. Mais après tout... Pourquoi chercherait-il à lui pardonner ? Alors qu'elle venait de lui cracher à la gueule un mensonge. Parce que les souvenirs de cette nuit-là ressurgissaient entre eux ? Creusant le fossé ? Ou tout simplement sa présence n'avait jamais été acceptée par cette adolescente... Qui osait la lui cacher, comme on cache le fait d'avoir causé avec un Junkie. D'avoir un jour posé les yeux sur un humain merdique dans tous les sens. Il ne la connaissait pas assez. Ne lui parlait pas assez... mais il s'en foutait réellement. S’il n'était pas invité, qu'ELLE le disait ! Il baissait les paupières sur ce fil.

La corde d’Ariane. La liaison du casque et du manteau. Elle qui s’était reculée, appuyée sur le mur de glace. Le regardait surement en se disant ce qu’il allait faire. Il suivait la corde qui s'entortillait contre son buste. Il fixait ce fil... Il avait encore le choix ? De lui accorder, le doute ? Pourquoi ? Pourquoi se mettre à ses pieds ? Lui accorder quelque chose qui n'était même pas vrai ? Effacer… C'est cela, elle voulait l'effacer de sa vie ? Parfait ! Lui aussi, il allait lui montrer ce que ça faisait. Lui aussi qui voulait que reculer pour plus jamais la revoir. Se détourner d’elle avec cette même indifférence. Envers, Ciel qui lui avait osé mentir. Ne lui avait-t-elle pas menti ? Essayer de l’aider même la dernière fois… Balivernes. Ses traits n’esquissaient qu’une ombre du sourire qui lui avait réservé. Adieu les banalités, au diable son sourire. Au diable les derniers mots. Il les effacerait. Ne les voyaient plus. Il enlevait le manteau d’un haussement d’épaules, le ramassant à ses pieds. Il sentait le froid s’inséminer entre le tissu et sa peau. Qu’importes. Il allait lui redonner ce qui devait être donné.

Il l'observait toujours avec cette rébellion froide. La forêt ténébreuse... Sombre, violente. Pas après pas. Ce cri sourd qui s’adoucissait au fur et à mesure. Il avançait vers le froid, vers la lueur qui avait miroité cette soirée-là. La lune... Les cris, les mots cinglés... Ça sortait toujours croches. Ses relations aussi... Pas vrai, Ciel ? .... Il n'avait même pas envie d'en rire. Simplement de lui redonner son parfum, son manteau. Son truc à elle qui ne serait jamais utile sur lui. La toiser. Disparaitre sous la glace, dans la forêt. Il était devenu complétement hors d'usage. Redevenir ce crétin de junkie. Pour sauver une vaine apparence… Pour elle ? Pour lui faire savoir qu’il ne l’avait pas encore oubliée ! Non. Pas encore. Ça ne tarderait pas à venir, si elle osait encore lui mettre un poignard dans l'esprit. Deux pas. Le voilà devant elle. Le rouquin osait un petit sourire dans sa direction. Un genre de «Attends, tu ne vas pas rester là ?» Puis, dans un geste brusque il lui lançait le manteau à ses pieds. La toisant avec un regard complétement différent, blessé.

« Pourquoi ? »

Jouer le jeu comme elle le lui faisait. C’était à son tour. De lui parler avec ce ton détaché, frisant la curiosité feinte. Que ça lui faisait mal, même s’il ne comprenait pas tout. Même si elle s’en fichait, il voulait simplement savoir… C’était à Ciel de lui répondre. Il se foutait de la brise qui lui allait le faire un sacré rhume, malgré le boisé ambiant.

«... Pourquoi m’avoir dit cela ? »

Le rouquin posait une main sur son épaule. La fixant toujours avec un regard qui voulait tout dire. Une douleur qui demandait une quelconque explication. Une réponse qui se résumerait à quelque chose. S’il l’avait énervée. ¨Ca ne serait pas jolie. Il le savait lui-même. Quand on est acculé dans un mur, on faisait toujours n’importes quoi pour s’en sortir. Une baffe, des sanglots, des cris, des coups, des mots coupants... N’importe quoi… Kemi avait été stupide de croire qu’il avait pu trouver quelqu’un avec qui partager quelque chose…. Que ça avait été cette autre nuit, ou celle-ci… Quelles étaient maintenant les différences. Vu que tout était toujours trop compliqué entre Ciel et Akemi…
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Re: Marche pour chasser les idées noires [pv blondinette nyan only]

Message  Ciel Hinori le Dim 9 Déc - 3:33

Ciel essaya de reculer, son corps n'obéissait plus, elle avait peur et aurait préféré s'enfuir comme d'habitude... Son coeur accélérait, trop, sa nausée lui collait des baffes, elle se rendait malade pour lui, elle se fichait du reste... Retombant à genoux et se penchant derrière le pic de glace, elle vit une giclée rouge souiller la glace blanche. Elle se redressa grâce au même poteau gelé et n'avait qu'une envie, se jeter dans les bras du rouquin qui allait sûrement la baffer aussi, elle le méritait après tout... Faible, ça elle l'était, et plus la silhouette tant redoutée et à la fois admirée se rapprochait, plus l'envie l'envie de voir jusqu'où son corps pourrait aller pour lui prenait le dessus, elle s'en foutait bien de son manteau... Le froid s'insinuait entre elle et ses vêtements, se glissant dans son col mal fermé, mais qu'est ce qu'elle en avait à faire, le froid c'est comme la douleur, juste une information, et cette information quitte à en crever, Ciel préférait l'ignorer royalement, non, elle n'avait pas froid, hors de question... Elle aurait voulu lui parler, lui expliquer, et la moindre des choses pour cela était de retirer le casque qui entourait son front. Avec stupeur, elle se rendit compte que le fil pendait, sans l'appareil au bout, elle avait cru que son fil tait extensible, ou alors peut être qu'il le rattachait à lui... Akemi, la seule personne qui l'avait jamais touchée depuis sont entrée à l'académie, ça commençait à faire un bout de temps tout de même... Elle ferma les yeux quelques instants, histoire de faire passer sa nausée puis le temps qu'elle rouvre les yeux, le rouquin, son rouquin, avait balancé le manteau à ses pieds. Elle s'accroupit pour le ramasser et le plia sur son avant-bras sans le mettre, elle n'en voulait pas, elle préférait largement être malade. Ciel évitait à chaque fois le regard émeraude, se demandant ce qu'il allait lui faire, sûrement la frapper comme n'importe qui de sensé le ferait, ou plutôt n'importe qui la connaissant, qui savait qu'elle était fragile. Mais rien de plus à part un mot dont l'intonation intimait à la jeune fille de partir, qu'elle n'était pas la bienvenue avec lui, tout comme la première fois. Elle ne bougea pas d'un pouce, trop troublée pour répondre quoi que ce soit

Elle se devait de remettre de l'ordre dans ses idées, tout s'embrouillait... Jamais elle n'avait été en une situation plus délicate, jamais elle n'avait tenu à quelqu'un comme cela. Ciel inspira lentement, sa nausée la reprit, plus violente et agressive encore, elle s'en foutait, mais complètement, pendant ces quelques minutes où il la regardait, plus rien n'avait d'importance. Ses mots la coupaient, le ton dans sa voix et le regard qu'il lui lançait lui faisaient mal, son coeur accéléra encore ses battements et elle baissa la tête, serrant légèrement les poings en risquant de fondre en larmes devant lui. Pourquoi elle mentait ? Elle avait toujours été ainsi, il ne fallait pas chercher midi à quatorze heures avec elle, soit elle était parfaitement sincère, soit elle mentait éperdument... Un spasme la traversa de la tête aux pieds dès qu'il posa une main sur elle et elle céda à la douce tentation de laisser sa joue contre cette main froide, esquivant ainsi le regard émeraude. Sentir ce contact l'apaisait et elle finit par poser sa main sur celle d'Aki, de peur qu'il ne parte. Voyons, il ne faut pas inverser les rôles, c'est elle la lâche dans tout ça... Serrant doucement la pression de son épaule, elle essaya de garder un ton normal sans résultat, la fatigue pointait et elle en voulait lâcher sa main sous aucun prétexte


J'ai eu peur, j'ai toujours peur, là maintenant. Que tu files sous la neige et que tu me laisses toute seule, alors la meilleure solution était déjà que tu ne t'approches pas de moi, non...

Elle laissa échapper un soupire de fatigue autant mentale que physique, se repassant le joli sourire qu'Aki avait eu avant de lui poser cette satanée question. Une nouvelle nausée la prit et les épaules de Ciel se soulevèrent un peu, sans vraiment attirer l'attention. En douceur, elle finit par lui faire lâcher son épaule et prit sa main gelée entre les siennes qui l'étaient tout autant et déposa ses lèvres sur le dessus du poignet, là où la peau était encore réceptive. Elle ne rougit pas, ce n'était pas un peu de prouver sa sincérité...

J'espère que tu me pardonneras un peu, Akemi

Ses frissons la secouaient dans tous les sens et elle referma les yeux. Tant que la main du roux restait avec celles de la blonde, elle ne rouvrirait pas les yeux, elle avait confiance quand elle était avec lui... Finalement, elle desserra doucement son étreinte pour agripper timidement le bras du kimono, baissant les yeux. Elle ne voulait plus jouer à qui ferait le plus de mal à l'autre, le fait de se vider de son sang l'avait calmée et à présent et trouvait magnifique que le roux puisse sourire sans ses doses. Le souvenir des deux jeunes gens dormant à même le sol sous une couverture dans un escalier lui revint en mémoire et un nouveau sourire timide mais sincèrement refaçonna son minois déjà congelé. Elle enfouit sa tête dans le tissu ample et laissa couler une petite larme qui se perdit dans la neige à ses pieds, elle ne voulait pas perdre cette personne importante pour elle, peut être pas pour lui, mais c'est tout ce qui l'importait.... Une fois toutes ses émotions apaisées, elle s'écarta un peu, lui laissant à nouveau tout l'espace vital qu'elle avant grignoté, hésita et n'enfila pas son manteau. Tant qu'elle n'aurait pas sa réponse, elle pourrait bien mourir de froid, ça l'importait peu. De nouveau adossée au pilier de glace, elle attendit une réponse, beaucoup plus sereinement, une touche d'appréhension venant réhausser son regard délavé et quasiment inexpressif. Au bout de quelques minutes, elle ouvrit de nouveau les lèvres en fermant les yeux

Je t'avais "dit" que je ne te laisserais pas, je n'ai pas l'intention de faillir à cette promesse, et puis ça me fait plaisir...
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Re: Marche pour chasser les idées noires [pv blondinette nyan only]

Message  Akemi Hanasaki le Mar 11 Déc - 22:52

Love song they kill. They kill me now. Love song are killing me, right now....These tainted words made to hurt, cut in me with a knife.... I never thought they'd get me... This place is a mess... These pictures in my head.... are killing me. ~

Il s'était attendu à une repousse, voir une bagarre... À croire qu'il n'avait jamais eu le don de deviner exactement les individus qui l'encerclaient. À la limite un énorme sanglot avant qu'on l'aurait poussé dans la glace, l'avertissant de lui foutre la paix. Cependant, rien de tel ne se produisait... N'allez pas croire qu'Akemi était masochiste, mais le manque de réaction le laissait un peu... désemparé. Certes, autrefois, le junkie avait souvent fait pleurer des filles involontairement ou avec le renfort de sa dope. La plupart du temps, il les laissait s'époumoner, avant d'essayer de les calmer avec son ton faussement amical ou les laissaient à leurs sorts, totalement déconnecté de la réalité. Ça avait été toujours ce manège bien avant leurs rencontres. Pourtant, la situation n'était pas moins étrange, de plus, elle semblait même très différente de ce à quoi il avait l'habitude. Ça devait être ce manque d'émotivité qui le rendait... incertain. Qui le rendait gauche dans sa façon d'agir ou de penser. Il cherchait peut-être un signe qui avait si souvent l'impression d'observer. Mais, Ciel ne ressemblait pas à toutes les autres. Non, la blondine avait sans dit mot, repris son vêtement... Ne la voyant pas enfiler le vêtement. Akemi eut un tantinet honte de s’avoir laissé emporter contre elle. Qui d’autre n'avait pas vu rouge et ne lui aurait pas demandé avant lui ? Il en relevait un sourcil... Surement quelques imbéciles, mais à part de cela. Il se devait d'avoir une explication... Cela semblait lui coûter un énorme effort de lui en parler. Elle peinait à le regarder tandis que les noirceurs dissimulaient leurs silhouettes, les cachaient un peu l’un à l’autre. Ses iris se posèrent sur son gant... Il se demandait encore ce qu'il lui avait pris de déposer sa main sur son épaule. Sur l'impulsion, pour la calmer ou lui ordonner de rester là tant qu'il n'y aurait pas de réponses... Le rouquin ne voulait pas trop y penser, mais ce geste le mettait tout de même mal à l'aise. Il n'avait pas l'habitude de diriger, d'ordonner même avec les gestes. La plupart de sa gestuelle c'était plutôt pour embêter, piquer les gens à vifs. Parfois même sous l'impulsion de la colère qu'il commettait un coup agressif... Mais pour elle. Ça rimait à quoi ce geste-là ?

«….Si tu voulais être seule, il fallait me le dire… Si tu voulais le contraire aussi…»

Il avait tiré sur la gâchette… Une réflexion à l’Akemi. Que pouvait-t-il dire de plus et ce même si elle avait peur de lui. Avait-elle pensé au tort qu’elle avait pu lui causer ? Certainement pas et lui non plus. C’était rare qu’ils se fussent allé aux confidences. Il doutait même que sa présence soit favorable à ce genre de conversation... Et cette déclaration l’avait sonné comme tout le reste. Le rouquin se devait de l’apaiser, au lieu de lui crier dessus… Il avait bien envie de lui dire de le lâcher, mais il se soumettait à elle uniquement parce qu’il voyait combien la situation était délicate.

Le voilà qui devenait sa peluche... Super... Sa main devenait donc un réconfortant pour la demoiselle. Le rouquin aurait voulu en rire, mais le moment ne s'y prêtait nullement. Il avait assez joué au con... Il pouvait du moins estimer que Ciel le considérait comme une bouée de sauvetage dès ce contact. Elle semblait même ne pas vouloir la lâcher. La gardant entre ses moufles en fourrures. Sans vouloir trop s'avancer, il la sentait un peu désorientée ? Comme si elle cherchait quelque chose. S’accrocher à lui qui pourtant l'avait presque humilié. Elle y déposait ses lèvres craquelées sur son poignet. Ce n'était pas le plus merveilleux contact. C'était plutôt douceâtre. Sèche, angoissée. Il pouvait sentir ses lèvres frémirent sur sa peau glaciale. Pourtant, devait-il se réjouir d'un tel spectacle ? Il sentait un frisson de peur ou...... Non. le rouquin devait être sous le choc des émotions accumulées. C'était surement ce qui faisait trembler sa colonne vertébrale et son bras qu'elle tenait. Dans quelle situation pénible, il venait s'embourber... Il n'en savait rien.

Lui pardonner. Encore un autre coup de massue qui lui tombait dessus. Elle en avait d'autres questions de ce genre à déballer avant qu'il puisse s'évanouir d'hypothermie ?Oh... Non. Il n'allait pas encore recommencer son manège. Elle ne le méritait pas ! Une autre claque sans bruits. Cette dernière, il la méritait réellement. Son cerveau était surchauffé par les demandes et il ne savait plus vraiment quoi en penser. Il n'allait pas lui répondre un simple eeeeeeeeeeee... mais c'était que le son qui voudrait sortir de son gosier. Dysfonctionel. Out... Remise de batteries... Bref, ça n'allait pas vraiment les réconcilier. Attends minute et depuis quand ils devaient se réconcilier ?! De mauvaise foi, Akemi se demandait à quoi bon. C'était quoi... leurs troisième rencontre... ou peut-être la deuxième. Et à peine des inconnus qui se tapent dessus pour une bagatelle mensongère... Bon ouais, il était aussi à blâmer. Mais de là à se dire amis et rebienvenue dans le club ? eeeee,,, non ? eee... oui ? eee... tout court. Parce que le risque n'avait pas été son allié en ces derniers temps...

Akemi y décelait une sorte de détresse... Sans qu’il puisse définir si elle venait de lui qui tremblait ou d’elle qui voulait se réconcilier. Éviter de se taper dessus… Autant que le remord qui devait l'accaparer sans pour autant remonter ses iris dans les siens. Comme on cherchait vainement quelque chose sur quoi prendre vie. Se parler sans tout dire. Sa gorge se nouait. Il aurait voulu lui dire des choses. Lui faire dire que c'était peut-être aussi de sa faute. Des trucs bidon pour faire passer l'amertume des propos. L'accusation avait souvent bien meilleure mine quand elle se devait d'être partagée... Mais, il préférait se taire. Ne pas laisser les mots sortir de la barrière

Le soupir et les paupières cramoisies de la petite l’intriguaient. L’enfonçait dans une zone inconfortable. Voulait-elle à tout prix qui parte ou qu’il reste ici. Dans la tourmente de l’hiver à ouvrir des plaies, à gémir comme des bêtes en manque d’affections. À cette pensée, un sourire faible ourlait sa bouche fissurée, lui rappelant o combien le froid avait fait des ravages sur son minois. Il en remerciait même la nuit de le dissimuler à la petite qui se blottissait à sa grande surprise contre lui. Si Ciel avait su qu'il se moquait d'eux... Elle lui aurait certainement fait une crise effroyable et ils s'engueuleraient comme un cou... Hein, c'était quoi cette comparaison merdique ! Il s'auto baffait mentalement pour rester dans la réalité. Ce n’était pas le moment de chercher un quelconque sentiment universel.

Il eut même envie de se décoller de l’étreinte. Le fait qu’ils étaient si proches, si lointains le rendait presque fou. Enfin... il avait déjà perdu sa tête. -Toujours un détail, jamais pertinent de toute manière avec ses drogues… Ahem. - Tsé. On disait que l'instinct paternel, on l'a et on l'a pas. Pour Akemi, son instinct s'était plutôt enfuit depuis longtemps. Bon bien sûr, il donnait des sourires ici et là, donnait des claques en s'exclamant ou faisait régulièrement le pitre... Comme en ce moment. Non, loin de là qu'il n'avait pas pensé de ne pas la prendre dans ses bras, mais sa réticence le poussait à hésiter comme une autruche. Vous savez le drôle d'oiseau qui s'enfonçait la tête dans le sable. Ben, là sa situation lui donnait envie de se cacher. Ce n’était pas avec son instinct de poule mouillée qu'il allait la réconforter, hein... Les secousses de la jeune fille lui faisaient peur... et bon, ce n’était pas tous les jours qu'il allait disons chasser les idées noires et les peurs. Et on allait surement se demander dans dix ans vers qui ses mioches allaient se retourner si un bobo apparaissait... Il chassait cette pensée superflue. Ce n'était pas le moment de s'apitoyer sur son incompétence paternelle... Oh et puis fudge. Il n'avait qu'à essayer. Ce n’était pas si compliqué... enfin si mais, c'était un détail…Il passait un bras protecteur autour des épaules de l'adolescente. Craignant un torrent... Il l'avait cherché aussi. Il s'exposait autant à nu et incapable, qu'elle devait se sentir énervée par ses demandes et la ‘’franchise’’ que cela demandait…

«... Je n'aie pas le choix, hein... J'vais te pardonner... Pardonne-moi aussi. Je n'aie pas aimé... »

Voilà qui était déjà mieux. Du moins, en circonstance, vu que sa voix s'était enrouillée et devenue plus grave qu'à son habitude. Il l'avait murmuré, mais... L’étudiant avait toujours dans sa tête la clochette alarme qui résonnait au loin. Pour l’avertir d’un danger potentiel. Ça l’étonnerait que son cœur pouvait lâcher après une telle déclaration, mais qui sait. Bien des amants avaient flanchés… Aki ne se sentait pas aussi éloignés de ceux-là. Le froid, la haine, la peur, la soumission. Ces derniers ne faisaient que grimper et chuter son rythme cardiaque comme s'il jouait à la roulette russe et qu’il espérait le plomb fatal.

Un vide le consumait dès qu'elle le délaissait. Il la suivait du regard, gracile vers le miroir. Une promesse ? Le rouquin retranchait ses uniques souvenirs lucides... ou du moins ce qu'il en restait tout en l'écoutant. Bon, oui, ça lui faisait un petit quelque chose que la blondinette se soit détaché de lui aussi rapidement qu'elle y était venue réclamer son pardon. Ce n'était pas plus important donc... La promesse maintenant... À force de trop y penser, le rouquin commençait sérieusement à avoir mal à la tête et voir ses neurones devenir de la gelée. Ce n’était pas à tous les soirs, qu’il pensait à toute vitesse. Ça l’épuisait même plus qu’il ne le voulait. Il allait vers la cascade, aux côtés de la blondine. Ciel devait surement chercher une autre approbation, quant à cette demande. Le jeune homme s’adossait contre la glace qui ployait sous son poids. Le menaçant de le faire plonger dans les abimes. Il levait la tête vers les stalactites, fixant un point embrouillé d’une lumière astrale. Que pouvait-il tout simplement y répondre… Une dernière analyse des propos… Ne pas le laisser tout seul… Donc, il avait dû l’implorer et faire un pacte avec elle. Un truc dans ce genre. Se pouvait-il que c’était quand ils s’étaient rencontrés dans l’étroite rangée de marches. Ça se pouvait bien. C’était l’unique chose que le junkie se souvenait à son égard. Il lui avait parlé, s’était décrié des bêtises, mais pour le reste. C’était encore flou… Surtout vers la fin où il lui semblait rejoindre le pays des songes. Il soupirait. Il ne se sentait même plus vivant tant il était frigorifié… Ni même entrainé dans la perspective d’avoir Ciel à ses côtés comme une chienne bienveillante. Chose qu’il doutait… sans le vouloir. Ni même d’ailleurs quoi lui répondre sans l’effaroucher. Akemi ne pouvait pas la laisser poireauter sur cette demande. Pourtant, rien ne lui venait à l’esprit.

«Si le coeur t'en dis... et le mien aussi. J'préviens, j'suis pas une personne relaxante»

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Message  Ciel Hinori le Lun 15 Avr - 8:20

Si elle voulait être seule... Qui aimait la solitude, sérieusement ? Pas Ciel en tout cas, malgré le fait que tout chez elle y fasse penser. Au fond, elle se protégeait autant des autres qu'elle les protégeait d'elle. À cette pensée, un micro sourire étira ses lèvres, et quelque chose d'autre le fit s'élargir un peu. Le drogué, ce drogué la tenait contre lui et si l'ombre n'avait pas si froid, elle aurait cru à un rêve. Mais arrêtons les comparaisons bizarres, le jour où Ciel rêvera de quelqu'un, il faudrait plus s'inquiéter que se réjouir. Pendant un instant, elle pensa que la glace cédait sous ses pieds lorsque le froid l'assaillit de nouveau, stupide entêtement que de ne pas se rhabiller... Il la pardonnait, il s'excusait, plus que ce qu'elle avait espéré. Même si Ciel n'était pas sûre de tout, si elle se doutait bien qu'il mentait et brodait quelques peu pour que leur situation ne s'aggrave pas, c'était bien une preuve qu'il était sincère quelque part, non ? La blonde se contenta de regarder son propre reflet à la surface de l'eau gelée, c'était pas le moment à la philosophie bidon... Mais c'était le moment à quoi alors ? Elle sentit ses membres s'engourdir un peu plus, inconsciente qu'elle était et resterait. Un haut-le-coeur et elle se retrouva à genoux sur le sol trop froid... Flou... Depuis quand était-elle là, déjà ? Ciel ne sentait déjà plus grand chose, elle ne tremblait même plus, fixant un point imaginaire sous la glace. Elle plongea une main dans la poche de son manteau et enroula inconsciemment le fil du baladeur autour de ses doigts gelés. Depuis quand s'exprimait-elle clairement ? L'avait-elle fait ne serait-ce qu'une fois... Les écouteurs glissèrent tout seuls de sa main et le manteau rejoint le grand miroir givré tandis que la blonde se blottit sans gêne contre le kimono d'Akemi. Dans un souffle elle se contenta d'un mot

Merci...

Ses yeux piquaient, mais elle n'allait pas pleurer par ce froid, elle ne se sentait pas de répondre à autre chose, juste rester là, en étant sûre qu'elle n'hallucinait pas. Elle finit par lever la tête pour le regarder et sourit simplement... Après quelques minutes, elle entreprit de frictionner le junkie en kimono qui n'allait pas tarder à mourir de froid, ce serait vraiment con qu'il meurt maintenant, sous la neige. Elle lui sourit, enfin, elle crut lui sourire, c'était plutôt une espèce d'étirement des lèvres, enfin, un sourire Cielesque comme certaines personnes se plaisaient à l'appeler... Elle voulut ensuite récupérer son manteau et s'éloigna du glaçon sur pattes. L'étoffe encore chaude avait légèrement fragilisé la glace, le reste je suppose que tout le monde s'en doute. la jeune fille s'accroupit, la glace cède et elle se raccroche au bord désespérément. Ses bras glissent, tout le reste de son corps gèle, elle maintient la tête hors de l'eau un moment avec difficulté en sentant l'eau glaciale contre sa poitrine. La jeune fille se met à pleurer, vainement, elle essaie de remonter mais le courant l'en empêche. Tous ses gestes lui coûtent mais au fond ça ne sert à rien. Elle garde pour elle les mots à la con qu'elle déteste et finit par en laisser échapper un de ses lèvres froides. Sa température descend encore, trop pour un être humain, Ciel lutte encore un peu, sûrement pour rien, juste pour l'entendre arriver ou savoir qu'il s'en fout, juste pour avoir une vraie réponse à quelque chose. Les larmes se mêlent aux éclaboussures, l'eau se gèle sur sa peau et cet infâme bruissement qui vient du courant prend de l'ampleur aux oreilles de la blonde

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Re: Marche pour chasser les idées noires [pv blondinette nyan only]

Message  Akemi Hanasaki le Sam 27 Avr - 18:54

It’s too hard to be living…
I don’t think we’re friends or foes…
We’re just… nothing more than...
Something that I don’t know….
-Akemi Hanasaki.

Les gens sont des contradictions. Ils pleurent, ils sont solitaires... Après, ils ne le sont plus. Ils se détachent, s'attachent, se détruisent... et restent ensembles. et... ils y a eux.

Lui et elle près de cette cascade... Deux êtres complètement insensés, de purs inconnus pourraient-t-on oser dire.... Mais même si Akemi restait là à l'épier dans ce silence blessant. Il avait la nette impression que la distance entre eux les rapprochait et les éloignaient. Ils s’étaient fait très mal chacun de leurs côtés. Il avait parti le bal et la soirée n’avait été qu’un… qu’un tour de foire… Alors que tout le monde devait fêter en joie le nouvel an… Ils s’étaient criés et avaient pleurés dans la nuit d’hiver… Le rouquin apportait ses mains vers ses lèvres, soufflant dessus pour les réchauffer, même si c’était une peine perdue. Il commençait à avoir le corps frissonnant et il ne sentait même plus le sang circuler dans ses membres. En y pensant… Peut-être serait-il mieux de recommencer à zéro, les bases de c… cette relation ambigüe ? Si oui, où cela allait les mener… Il n’en savait rien du tout. Avait-il osé une seule fois y penser ? Vouloir la retenir, le lui demander, alors qu’il savait que tout s’effondrait une fois qu’il se voulait sincère. En eux... en cette relation turbulente.

N’avait-il pas des attentes ? Le rouquin avait beau se dire non, il ne savait pas ce qu'il attendait de cette relation... Ni même ce que la blondinette voulait de lui. Sans savoir ce qui l'avait mis hors de lui aussi pour ce ‘’petit’’ mensonge… Que presque tous les gens sensés auraient... acceptés. Il s’était senti comment… trahi ? Mais par quoi ? Parce que Ciel avait voulu… être à ses côtés, mais qu'elle avait peur qu'il s'éloignait... Akemi redressait la tête, fermait les yeux. Il avait eu... peur aussi en fin de compte.

Ils... étaient complétements des épaves désœuvrées et pourtant ancrées l'une à côté... Unies par une machination quelconque. Était-ce… Ce devoir d'appartenir à quelque chose qui n'est pas ? Qui... n'a jamais été là en leur sein ? Du moins, en théorie... mais en physique. Tous ces échanges... résumaient à quoi ? Pourquoi ? Pour qui ? À qui ? Qu'avaient-ils à se jeter dans les bras de l'autre comme des naufragés... alors qu'ils désiraient chacun avoir leur vie ? Pourtant, ça aurait dû lui sauter dès les premiers instants...

Akemi n'était pas de ces hommes intelligents, quoi qu'il fut son cerveau était déjà endommagé par les doses quotidiennes, il ne savait que ressentir les choses sans pouvoir y mettre un doigt dessus. Parfois en l'enfonçant dans la plaie sans s'en rendre compte… c’était peut-être cela qui les tenaient sur le qui-vive… Le junkie soupirait.
Ce que ces réflexions pouvaient l'assommer, lassé, le rouquin battait des paupières. Il ne voulait même plus y penser, car il se sentait épuisé de tout cela. De tous ces efforts… À force de se questionner ainsi, on peut dire qu'il en a sa dose de penser, son cerveau est tellement surchauffé qu'il en est défectueux. Il sentait une accolade soudaine. Il rabaissait ses paupières et la voyait encore accroché à son kimono. Elle levait vers lui, son doux minois en le remerciant. Il jugeait que cela allait de soi. Ciel le gratifiait d’un sourire énigmatique. Le rouquin sentait le corps de Ciel blottit contre son corps : il lui semblait fragile. Akemi réalisait que s’il s’était dit que la présence de la blondinette lui serait néfaste, il voulait maintenant le rectifier. C’était pas si mal de sentir quelqu’un contre soi en compte fait… Même s’il se sentait mal à l’aise et gourde en posant ses mains sur les épaules de la fillette. Ils étaient étranges en quelque sorte et il eut un sourire doux qui devait lui donner un air plus étrange encore sous l’astre lunaire et sa peau glaciale. Sans un mot d’au revoir, la jeune femme s’en allait vers son manteau. L’adolescent la suivait du regard. Ainsi, ils se disaient good-bye. C’était comme cela. Une fois les conflits réglés, il y avait le départ. Il allait aussi partir quand un bruit le dérangeait. L’adolescent se retournait vers Ciel.

La glace se brisait. La surface polie calait et tandis qu'il voyait la silhouette de Ciel plonger, il restait... Figé. Pris de stupeur, une gouttelette dans son cou. Non... Pas devant ses yeux. ... La perdre ainsi... Il avait eu envie de hurler de tout son être. Non. Ce long Non qui résonnait dans sa tête, cette main invisible qu'il tentait tant bien que mal de s'accrocher... à elle. Il fallait qu'il fasse quelque chose ! Ciel ne pouvait pas mourir ainsi.

Akemi avait l'impression qu'au moment où Ciel avait disparu de son champ de vision que quelque chose l'avait lui-même aspiré sous la glace. Quelque chose s’était brisé en lui. Ce brusque vide lui faisait peur et il refusait que la blondinette meure devant lui... Il pensait que c'était quelqu'un d'autre qui prenait possession de son esprit. Ses pas le conduisaient vers la blondinette. Jamais, son impulsivité et son peu de sang-froid ne collaboraient aussi parfaitement... Il l'entendait gémir son prénom. Le rouquin revenait à la réalité. Il s'était approché de l'endroit où elle était tombée, son obi dans la main. Et maintenant ?

«Tout va bien... Reste avec moi» s'entendait-t-il dire d'une voix qui semblait être la sienne. Enrouée, plus grave et plus sombre.

Malgré le froid, l’adolescent enlevait ses bottes qu’il faisait glisser loin du trou. Puis, il se penchait et tordait sa ceinture du mieux que ses doigts le pouvaient en une corde sommaire. Elle était plus longue que prévue, il attachait ses extrémités en une sorte de lasso grossier. Le rouquin se couchait sur le ventre et rampait vers l’adolescente. Avec un peu de chance, il pourrait la glisser autour des côtes de la jeune fille. Qu'importes si le froid le mordait, le roux avait chaud partout... Il se sentait autre. Le rouquin avait la sensation qu’un déclic s’était éveillé au plus profond de sa conscience et de ses entrailles. C'était cette émotion qui l'avait propulsé à sauver Ciel en se foutant de tout ce qu'il pourrait lui arriver. De tout ce qu'ils s'étaient dit jusqu'à ce soir... Il n'avait que cette idée en tête : La sortir de là. Sa priorité.

Au fur et à mesure qu’il se dirigeait vers la blondinette, il entendait la respiration sifflante de la jeune fille entrecoupée par le clapotement du courant. Le garçon tendait ses mains sur celles de l'adolescente pour la calmer... Elles étaient plus froides que la mort. Cela l'effrayait, cependant il s'approchait un peu du rebord tout en gardant une distance raisonnable pour ne pas tomber dans le trou.

«O-okay... Je te sors, de là... Ne paniques pas»

Quelle phrase. Une main d'applaudissement... Akemi respirait un bon coup avant de glisser ses avant-bras dans l’eau. Le contact le saisissait, mais il laissa ses mains dériver sous les aisselles, glissant son obi comme un harnais de sécurité. Une fois qu'il trouvait ces parties, l'adolescent les empoignait fortement, laissant son pouce et ses doigts en forme de pinces de crabes tout en maintenant la ceinture. Il pouvait sentir les côtes de l’adolescente se compresser. Maintenant ? Il fallait faire en sorte de la tirer tout en rampant et ne rompant pas le contact. Akemi se reculait légèrement et en puissant dans ses bras, soulevait la jeune fille. Ses membres tremblaient, mais le rouquin parvenait tant bien que mal à tirer le buste hors de l’eau. Cette opération lui semblait interminable : le junkie tirait, rampait, tirait et rampait, des sueurs commençaient à lui couler dans le creux du bassin. Mais, il se disait qu’il ne devrait pas ‘’abandonner sa tâche’’, alors, il continuait ce manège jusqu’à ce que le buste de l’adolescente glissait hors de l’eau. Une fois, n’était pas coutume, il fallait tirer le reste du corps. Akemi avait de la difficulté à rester concentrer, cet effort l’avait épuisé, mais à l’aide de l’obi il la trainait sur le miroir sur une petite distance, avant de continuer le reste du travail avec ses mains. Une fois, Ciel complètement sorti du lac, l’adolescent se roulait sur le dos, toussotant puis posant une main sur son front un moment avant de s’asseoir tout en respirant bruyamment. Il se sentait complètement drainé de toute énergie et pourtant, Akemi trouvait encore la force de se relever, de saisir ses bottes. Il parvenait à articuler quelques mots entrecoupés par sa respiration, tout en tendant une main tremblante vers Ciel qui n'avait rien dit depuis sa chute

« Arfh… O… evrait artir… trop froid. Courir… er la oture»

[Ps : Autorisation de Ciel pour le Sauvetage.]
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