Thé et pensées [Privé Ayamé Soma]

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Thé et pensées [Privé Ayamé Soma]

Message  Invité le Jeu 23 Fév - 18:53

Il était dix-sept heures, au loin, le soleil parfumait l’air de ses derniers rayons éclatants. Teintes d’orange et de roses qui éclairaient le petit district, les avenues, les petits commerces autour de l’Académie. Et lui, étranger au coin d’une ruelle, fumant une cigarette mentholée. Se remémorant lentement sa journée. Journée qui avait débuté par son réveil parce que la pluie martelait dans la fenêtre de sa chambre d’hôtel. Puis, il avait réalisé qu’il avait à son agenda, une journée de reconnaissance à l’Académie Seiko. Il était resté le regard dans le vide, fixant la pluie puis décida d’y aller quand même pour faire –ou plutôt se faire- des repères. Étant donné ses petites pertes de mémoire en ce qui concernait son sens d’orientation dans les bâtiments, fallait mieux y aller... Il attendit à un arrêt de bus, le plus proche de son logis, monta dans le train, il laissa ses pensées s'évader par le paysage de métal qui passait sous ses yeux. Puis à onze heures tapantes, le nouveau professeur attendait dans le hall et du attendre une heure de plus avant qu’un supérieur ne le remarquait et lui fit la visite guidée. Ce qui ne l’avait pas vraiment enthousiasmé, c’était ce petit air supérieur que prenait un ainé de l’institut en lui décrivant les salles et tout le reste. Comme si le russe ne savait guère à quoi servaient les classes de musique, l'amphithéâtre et patati et patata... Mais disons avec son accent cassé, il fallait être prudent pas vrai. Surement, au bout de quelques minutes, il aurait voulu quitter les lieux à la sauvette, mais son sujet l’intéressait. Nombre fois, il avait pu cotôyer des gens extraordinaires et son guide en faisait parti. Imaginez un crouton, cramoisi de joie et de prétention, avec une canne et des costards rayés, un début de cavité au sommet mais que par vanité, s’oblige à remonter des mèches par-dessus. Une teinture trop foncée, mal mise qui bicolore le gris –ou était-ce du blanc ?- du noir. Et qu’à chacune des interrogations muettes de Kev, ça regarde par-dessus les lunettes en demi-lunes en disant clairement pauvre imbécile. Bref, malgré les discours interminables, Kevin se demandait si ce petit bonhomme était aussi exaspérant dans sa classe, qu’avec ses collègues, qu’avec ses voisins et sa famille. Hypothèse peu probable. Pour Kev cela fut plus compliqué de l’imaginer autour d’une table chialant sur le plat de spaghetti de sa femme. Il eut un sourire amusé et non dissimulé sur sa figure. Ce qui souleva un long speech sur l'inrespect des gens à l'égard des ainés.

«Il y a beaucoup de gens qui doivent vous estimez, Mr. Lung.»

Il avait réussi à émouvoir la petite chose, par le regard soudainement brillant de l'homme. Étrangement, Mr.Lung lui racontait en détails, pleins de petits épisodes quotidiens dramatisant, qu'il était l'homme qu’il fallait à toutes les situations, que ses cours sur l'épopée historique du japon valaient des fortunes. Que ci et que ça... Que les gens le prenaient pour un vieux sénile et le voilà encore reparti dans des aventures avant d’interroger du regard l’inconnu. Kevin eut un sourire aimable mais sans grand émotivité dans les yeux.

«Je vous comprends, Monsieur. Ça doit être pénible de ne pas être jugé à sa juste valeur… Est-ce que vous croyez qu’on devrait retournez les politesses de l’ère Edo aux générations actuelles ? »

Ce qui ironie du sort était tout le contraire que pensait le blondin à cet instant précis. Et puis... Grand Dieux ! Qu’on lui zippe la bouche avant de demander autre chose… L'homme s'activait, gesticulait, donnait son opinion. Aimait-il l'ère Édo ? Hochement de la tête de la part du nouvel arrivant. Fabuleux, le professeur jubilait, se perdit encore plus dans ses convictions... Puis surement par sa physionomie, Lung lui demanda d'où venait-il. Ah... Ça ce n’est pas permit. Si les japonais apprenaient que... Enfin, peut importes, Paejeski, c'était trop russe pour ne pas faire asiatique. Mais comme Kevin n'était pas un être disons... relativement, concentré sur la question, avait eu la bienfaisance idée de lui dire qu’il venait directement de l’ère Edo. Son interlocuteur était plus rouge que des pivoines et semblait très mal le prendre, le traitant de sale voyou et etc… Ce qui n’était pas vraiment l’intention du blondinet. Non du tout, ses blagues craignaient souvent et très peu les prenaient comme ils se devaient. Après ce long malentendu, ils abordaient à brûle point les matières enseignées et pour finir lui présentait les quelques collègues qui prenaient leur pauses. Sa matière ? À sa propre réponse, son guide eut un étranglement de voix puis une toux artificielle. Bouché en coin, le vieux crouton ? Nah… Ce n’était pas gentil de dire cela, mais… bon Kevin n'était pas impressionné par le mélodrame. Par réflexe, ou plutôt dès qu’il sentit son guide s’épuiser, il décida de le laisser. Le jeune homme avait salué poliment — même s'il ne le voulait pas ses bonnes manières ressurgissaient toujours — son guide avant de prendre son congé. Il avait eu sa dose d'énervation.

Un vélo passa devant lui, évitant de justesse une femme et son enfant. Un instant, Kevin eut un mouvement vers l’avant pour venir aider les deux personnes, mais en les voyants sans blessures, il se ravisa. Il ne restait que son filtre à consumer. Il ne se souciait pas des gens qui le dévisageaient, il ne leur adressa qu’un bref signe de tête, un bonjour quand on le saluait, à peine un sourire lorsqu’il s’agissait d’allumer d’autres cigarettes. Ça faisait environ quinze minutes qu’il restait là, le regard dans le vague. Sa journée avait été bonne ? Pas la plus palpitante, n’empêche qu’elle lui avait été bénéfique. Elle lui avait permis de se repérer dans les différentes sections du collège. Il recracha sa dernière bouffée opaque, le jeta à ses pieds l’écrasa avec la pointe de ses baskets usées avant de le mettre dans la poubelle. À l'avenir, il se tiendrai à l'écart de ce Mr. Lung. Parce qu'il n'était pas le genre de personne que Kevin aimait, aussi simple que cela. Le russe s'avança hors de sa ruelle, la luminosité soudaine, lui fit cligner des paupières. Pour se protéger, il mit un bras au-dessus de son visage. La circulation serpentait, rayonnait sous les éclairs lumineux, ça roulait en petites tortues à l'heure de pointe. Il décida de s'orienter à l'est, faisant confiance à son instinct. Ses pas le conduisaient sur une avenue puis un boulvard, une autre allée. Tout n'étaient que couleurs, cris, klaxons, puis finalement le silence. Un silence d'or, froissoné de vent. Une allée bordée de Sakura et en son opposition des petits restaurants, boutiques qu'il n'avait jamais vu. Kevin resta un moment à les regarder observant d'un oeil émerveillé le ballet des fleurs. Ça serait bientôt le Hanami. L'homme soupira, à moins qu'on l'autorise à aller en classe avec ses élèves, il allait devoir se contenter de petites photos. Ce fut alors que son ventre se mit à grogner comme un tsunami et il prit soudainement conscience qu'il n'avait rien mangé depuis son lever... En se retournant, il apperçut les boutiques et leur apparence très commerciales. Pourtant, malgré leur beauté... Une bâtisse verte avec une belle vitrine, donnant vue sur des petites tables rondes, des serveuses, l'attira plus que les autres. Il poussa la porte, regardant ce qui lui semblait être un café, sinon... C'est qu'il avait vraiment l'esprit ailleurs et retournerait dans la rue. La place était bien bondée de gens de toutes classes, sans attendre qu'on lui désigne une place, Kevin allait s'asseoir sur une banquette dans le fond du magasin. Il feuilletait lentement les pages d'un menu égaré sur la table. Son ventre grogna encore, il lui donna une petite tape pour le faire taire. Superstition idiote... Qui le satisfaisait pourtant. Il décida après vingt minutes de commander un thé au gingembre comme appéritif à une petite serveuse qui rasait sa table. Pour passer le temps, il se mit à plier sa serviette, en formant une petite grue.

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Re: Thé et pensées [Privé Ayamé Soma]

Message  Ayamé Soma le Sam 25 Fév - 19:58

C'était une sale journée. Elle avait très mal commencé, et ça ne s'était pas arrêté là. D'abord le réveil avait sonné, mettant fin à un rêve merveilleux dans lequel mon très beau et convoité banquier me déclarait sa flemme, avant de m'embrasser fougueusement. Après m'être sortie de mon lit j'ai filé à la douche, manque de pot, pas d'eau chaude, je suis donc retournée dans ma chambre passablement énervée, et ai entreprit de m'habiller. Au moment de mettre mes chaussures, je me suis rendue compte que mes lacets formaient un gros noeuds. Après un rapide coup d'oeil à mon emploi du temps je m'étais ensuite rendu à mon premier cours de la journée.

Les heures de cours de la matinée, bien qu'ennuyeuses se passèrent tranquillement, et je ne fis aucune catastrophe à la cafétéria à l'heure du déjeûner. Je m'étais ensuite rendue à mon dernier cours de la journée qui avait lieu en amphi. J'attendais tranquillement que le prof arrive, lorsque des filles se sont installées derrière moi en gloussant comme des pintades. Le prof arriva ensuite et commença son cours d'une voix monotone, sauf que les pintades gloussaient tellement fort que je n'entendais même pas ce qu'il disait. Je me retournais donc pour le leur faire remarquer ( de manière assez peu diplomate il faut le dire ), et là une blonde platine, avec un rouge à lèvre rouge, qui lui donnait l'air d'une pét**** me sourit et me dit :


" T'as qu'à t'avancer. "


J'étais déjà au troisième rang, et son sourire insolent me déplaisait particulièrement, je répliquais donc :


" Je vais pas me coller contre le prof non plus hein! "


Le problème c'est que j'étais déjà passablement énervée, et que cette bécasse continuait de sourire. Un "Con****, va!" a donc fusé de ma bouche et l'a atteint de plein fouet. Ca a dû la choquer, parce qu'elle n'a plus rien dit de l'heure. Cependant à la fin du cours, pendant que je rangeais tranquillement mes affaires, une copine m'informa que la blonde en question s'était tourné vers nous avant de sortir de la salle et nous avait traitées de "sal***". Heureusement que cette lâche n'était plus là, parce que j'étais tellement remontées que je lui aurait arraché les yeux. Je sortis de cours et descendait le chemin qui menait au village, car j'avais rendez-vous dans un petit salon de thé avec une ancienne amie que je n'avais pas vu depuis longtemps. Je ne fesais attention à rien et je m'installais à une table, encore bouillonante de colère. Mais je n'étais pas seule à la table. Un homme plutôt jeune, se tenait en face de moi. La seule chose qui me venait à l'esprit c'est qu'il n'avait rien à faire à ma table et que je voulais qu'il s'en aille :


" Qui êtes vous? Qu'est ce que vous faites à ma table? Vous ne pouvez pas allez ailleurs non?!? "
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Re: Thé et pensées [Privé Ayamé Soma]

Message  Invité le Dim 26 Fév - 16:50

Ses doigts pliaient et repliaient la serviette ayant un seul but. Finir son origami. Ça le détendait d'occuper son esprit à autre chose que de penser à sa journée. Malgré sa petite occupation, Kevin écoutait d'une oreille attentive, la clameur du petit bistro à thé. Les récits qui d’une manière ou d’une autre s’entrechoquaient, voguaient au gré des enthousiasmes. Sans lever les yeux de son art, il pouvait estimer d’où venaient les sons. Il estimait que près d’une fenêtre, un couple se chicanait pour de l'argent dilapidé. Des étudiantes –un peu à sa gauche- échangeaient des commentaires sur les beaux mecs de leur école, qu’un artiste gribouillait dans un carnet quelque part entre les divers échos de cuiller qu’on cognait contre la tasse et de mastication. Ça lui fit sourire. Un légèrement triste. L'ambiance était en tout point presque semblable aux maisons de thé à Shangai où il pouvait passer la nuit entière à conter ses voyages à ceux qui le désiraient, remplissant les coupes de thé et vidant ses économies. C'était d'ailleurs dans cette ville qu’il avait gouté pour la première fois à un thé au gingembre. Depuis, il en buvait pour se calmer après une journée difficile. Deux trois plis, puis les petites ailes tirées délicatement par ses doigts calleux et la petite bestiole prendra vie. Il la regarda d’un air satisfait, eut un petit sourire. La grue représentait l’espoir d’un renouveau, symbole de prospérité. C’est à ce moment que la serveuse revenait avec sa commande et remarqua l’origami, elle lui souriait, Kevin la remercia de lui avoir apporté son thé. But une gorgée, risquant de brûler son palais. Le goût acre et la chaleur le propulsa quasiment dans les salons chinois. Le voilà déjà parti dans ses souvenirs. En effet, après avoir passé des années à parcourir le monde en solitaire, en découvrant des lieux méconnus et connus par les touristes. Pourrait-il effectivement s’adapter à son nouvel environnement sans crainte de vouloir repartir vers les montagnes, vers l’inconnu ? Son instinct l’avait souvent poussé à changer de ville, pour ne pas s’embêter. Il avait pu comprendre la vie nocturne des espagnols, le bon pain et l’amour des italiens, les romances hivernales de la Russie, les palabres amicaux avec les gens des villages isolés. Le labeur des champs, la générosité de la terre… Et puis, il y avait eu ses études, de nombreuses fois, il s’avait cru incapable de les surmonter parce qu’il ne pouvait se résoudre à vivre en harmonie avec une institution régit par des imbéciles à cravates. Pourtant à l’aube de ses trente ans, n’était-il guère le temps de regretter cela ? Il avait été heureux et privilégier d’avoir pu autant de charmes dans la nature.

Une voix le sortit brutalement de ses rêveries. Une voix autoritaire, colérique, féminine. Ça lui prit un petit instant pour comprendre qu’on s’adressait à lui… Il pensait que sa journée allait s’achever sans peine. À croire que Bouddha avait d’autres plans à lui accorder pour aujourd’hui. Il haussa un sourcil en entendant la jeune demoiselle à la chevelure gomme ballonne, lui crier de débarrasser du plancher. Puis la détailla stoïquement. Elle était plutôt jolie avec sa tenue de dentelle, froufrous, noire et clairsemé de petites breloques. Le lézard avait rien fait ma parole pour mériter une telle hargne ! Il but une gorgée de son nectar ruminant de nombreuses hypothèses comme quoi, elle ne voulait pas qu’un pépé se soit assis à la même table qu’elle. Même si Kevin était loin d’être un homme rabougri par le temps… Ou que c’était une petite princesse capricieuse, ou bien… Bon ça suffisait, les questions. Il y aura un autre temps pour cela. Devait-il justement partir parce qu’on lui demandait en employant un ton mécontent. Certainement pas ! Même si la tentation était justement là, une table vide à ses côtés. Il aurait suffi de quelques pas et Kevin aurait la paix, il boirait sa tisane tranquillement. Sans se soucier des regards qu’on avait sur lui. Cependant, Kevin était un homme parfois très peu enclin à suivre les ordres. Surtout, si c’était par manque de diplomatie.

«… À moins que tout ce que vous côtoyez vous appartient déjà ? Cette table, appartient au propriétaire du magasin. Elle a vu bon nombre de gens, passer, s’asseoir ici avant nous… Et puis, sans vouloir vous froissez d’avantage, j’étais déjà assis avant que vous arriviez, Miss »

Toujours avec un ton neutre mais étrangement chaleureux par ses nombreux intonations roulés. Le russe prit une petite pause, dirigea son regard par la vitrine qui baignait de lumières, puis observant sa compagne de fortune avec son sang-froid habituel. Surement, qu'il finirait avec des injures, mais Kev s'en foutait. Il disait réellement ce qu'il pensait.

«Normalement, vous me devriez des excuses, mais à votre âge, je comprends parfaitement que ce n’est pas chose facile. Au passage, je m’appelle Kevin et je n’ai nullement l’intention de plus vous achalez. Mademoiselle ? »

Il venait de remarquer un couple de personnes âgées qui se dirigeaient à la table voisine. La femme se tenait à sa canne. Ses mains tremblaient tellement, que Kevin ne put s’empêcher de se lever et tirer la chaise pour la dame et son homme. On le remercia de sa gentillesse, il acquiesçait puis revenait s’asseoir à sa table. Laissant ses yeux plonger à travers les dernières lueurs du jour, par la fenêtre. Libre à la demoiselle de faire ce qui lui tentait. Il n'allait pas lui dire ce qu'elle devrait faire.

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Re: Thé et pensées [Privé Ayamé Soma]

Message  Ayamé Soma le Jeu 8 Mar - 21:46

«… À moins que tout ce que vous côtoyez vous appartient déjà ? Cette table, appartient au propriétaire du magasin. Elle a vu bon nombre de gens, passer, s’asseoir ici avant nous… Et puis, sans vouloir vous froissez d’avantage, j’étais déjà assis avant que vous arriviez, Miss »


L'homme ne semblait pas énervé. On aurait même pu croire qu'il avait dit ça automatiquement.


«Normalement, vous me devriez des excuses, mais à votre âge, je comprends parfaitement que ce n’est pas chose facile. Au passage, je m’appelle Kevin et je n’ai nullement l’intention de plus vous achalez. Mademoiselle ? »


Ma colère était quelque peu retombée. Je me suis rendu compte que ce que j'avait fait était totalement stupide et méchant. Je me suis sentie rougir et mes yeux ont commencé à me piquer, signe que je n'allais pas tarder à fondre en larme... Alors j'ai croisé les bras, les ai posé sur la table et ai enfoui mon visage dedans, afin de me cacher. J'ai ensuite pu laisser libre cours à mes émotions, et un déluge d'eau salée a commencé à couler. Je suis rester ainsi pendant plusieurs minutes. Une fois que mes larmes ont cessé de couler, consciente que mes yeux devaient être rouges et gonflés, je suis restée dans cette position et ai murmuré :


"Désolée."


J'étais incapable de dire autre chose, et encore moins de bouger, trop honteuse de mon comportement de gamine. Je décidais donc de rester ainsi aussi longtemps que possible, espérant que mon visage redeviendrai "normal".
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Re: Thé et pensées [Privé Ayamé Soma]

Message  Invité le Mar 20 Mar - 21:01

Un long silence s'installait. Trop long pour que Kevin l'ignora. Sa vue sur le bâtiment suivant n’était pas charmante, mais les teintes l’émouvaient. Il porta ses doigts à ses lèvres comme quand il fumait et remarquait par la même occasion que son geste était idiot. Le blondinet avait eu souvent l'habitude d'écouter le néant en fumant. C’est alors qu’il crut entendre un petit reniflement. Il tendit l’oreille, le même son. Ce n’était pas le bruit d’un reniflement d’un rhume. Non… C’était autre chose. Un peu comme une petite plainte respirée par les poumons. C’était trop proche pour être les voisins. Instinctivement et très très lentement le russe tournait la tête vers la demoiselle... Ce qu’il découvrit lui laissa une sueur froide sur sa joue. Alors que la colère avait explosé… Le fond avait été atteint en quelques minutes. Son regard terne fixait les sombres-sauts de la petite. Kevin avait envie de savoir s’il était le responsable… Le moment ne convenait guère. D’ailleurs, l’homme ne trouvait pas le moindre mot pour réconforter l’inconnue. Le mieux serait de faire passer la tempête. À moins qu’il se trompait sur ce point-là. Ça lui arrivait aussi comme bons nombres de gens. Cependant, Kevin estima favorable que les pleurs purs étaient la seule solution possible. Il la laissa ainsi. Après tout, un inconnu ne demandait que rarement ce qui faisait brailler les gens. Surtout si cette personne semblait émotive. Il but une autre gorgée de son thé. Le russe l’avala de travers se mit à tousser dans son coude. Ne lui avait pourtant dit… de ne pas s’en faire ? Ne pas s’excuser… Finalement, après un court moment avec des larmes aux yeux. Il fixait à nouveau la chevelure rosée. Il comprendrait jamais réellement les gens qui l’entouraient. Désolé de quoi ? De lui ? Désolé qu’il doive assister à un torrent de larmes ? Désolé pour être simplement désolé ? Elle n’aurait même pas du s’en faire un sang d’encre. Le blondinet avait vu beaucoup de pleurs dans sa vie. Il soupira longuement… But une autre goulée. Le thé lui brûla la gorge. Ça le réchauffait. Pourtant, Kev était trop indifférent, trop distant pour paraître ému. Son visage n’exprimait qu’un vide trop neutre. Sans couleurs. Il devait pardonner. Ce n’était pas ce qu’elle attendait de lui ? Le blondinet n’en était plus très sûr. De ses gestes, de ses questions. Autrefois quand une gamine pleurait pour un rien, il tendait un mouchoir, quand cette dernière désirait quelque chose mais ne pouvait payer, il le faisait à sa place. Des gestes simples, trop tournés vers la communauté. Et cette demoiselle ? Il ne pouvait pas la réconforter. Ça semblait… trop profond ou nébuleux pour lui. Kev perdrait des plumes s’il se lançait dans cette voie.

« Ce n’est rien… Vous voulez boire quelque chose ? Je paierai. »

Voix toujours aussi peu émotive, pourtant empreint de bonne volonté. Comme pour dire oublions cela, passons à autre chose. Ce qui est fait est fait. Peut-être aussi ne le voyait-t-elle pas du même angle que lui. N’empêche Kevin avait au moins essayé quelque chose que de rester idiot et de laisser de trop grands silences s’éterniser.

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